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Note : 12/20
Astrophysique :
LES ASTEROÏDES
Julien BERTHOLON - Sébastien POTOT - Mikaël SABIN
Université de Cergy-Pontoise - 2ème année DEUG
Sciences de la Terre - Avril 2000
INTRODUCTION
Le premier
janvier 1801, Giuseppe PIAZZI découvrit un objet qu'il pensa d'abord être une
comète. Mais après que son orbite fût mieux déterminée, il apparut évident que
ce n'était pas une comète mais plus vraisemblablement une petite planète.
PIAZZI l'appela Cérès, en l'honneur du dieu sicilien de l'agriculture. Cette
découverte marque le début de l'exploration et la recherche sur la population
astéroïdale. Mais qu'est ce qu'un astéroïde ?
Le mot astéroïde,
choisi par William Herschel en 1776, vient du grec asteroeides signifiant
" comme une étoile ", car au télescope ces objets ne
semblaient être que de petits points faiblement lumineux. C'est un petit objet
rocailleux et irrégulier, de taille n'excédant pas quelques centaines de
kilomètres de diamètre. Actuellement 30.000 astéroïdes ont été répertorié dans
le système solaire (dont 5000 ont une orbite bien déterminée). Les astéroïdes
ont souvent été appelés, au milieu du siècle " les vermines du
ciel ".
Quoique les
astéroïdes aient subi une substantielle évolution collisionnelle depuis leur
formation, la plupart d'entre eux ne se sont pas développés au niveau
géologique, thermique ou orbital. C'est là que réside le principal intérêt de
l'étude des astéroïdes. De part leur petitesse, ces objets ont très vite évacué
la chaleur originelle de la nébuleuse protosolaire figeant ainsi la composition
initiale de cette dernière. Ainsi l'étude des petits corps nous renseigne sur
les conditions initiales qui ont prévalu à la naissance du système solaire.
Les astéroïdes
sont aussi importants parce qu'ils sont la source de la plupart des météorites.
Certains astéroïdes, les géocroiseurs, ou en anglais Earth Crossing Asteroids
(ECA) présentent un danger pour la Terre car leurs orbites croisent celle de
notre planète.

I.DESCRIPTION
DES ASTEROIDES.
1.Généralités.
Dimensions
Elles sont
extrêmement variables. Le plus gros des astéroïdes connus, Cérès, mesure 933 km
de diamètre. En seconde et troisième position, on trouve Pallas et Vesta avec
des diamètres respectifs de 522 et 526 km. Ces dimensions sont tout de même
exceptionnelles, car la plupart des petites planètes n'excèdent pas un
kilomètre. Sur les 5.000 dont la trajectoire est connue, 95% mesurent moins de
100 km. On remarque également que plus un astéroïde est gros, plus il est
sphérique. En dessous de 160 km de diamètre, leur forme devient franchement
allongée et irrégulière : cette forme est due à la gravité.
Orbites
La plupart des
astéroïdes sont répartis dans la ceinture d'astéroïdes qui se situe à près de
400 millions de kilomètres du soleil (entre l'orbite de Mars et de Jupiter).
Mais certains astéroïdes s'écartent de cette ceinture. Leurs orbites très
excentriques leur permettent de croiser celle de la Terre, de Mars ou d'autres
planètes. Les planètes troyennes constituent d'autres spécimens particuliers de
petite planète, évoluant en dehors de la ceinture principale. Ce changement de
trajectoire serait dû à une collision venue de l'extérieur de la ceinture.
Enfin, il existe des astéroïdes très éloignés du soleil qui gravitent au-delà
de l'orbite de Neptune : ils constituent la ceinture de Kuiper.
2.Origine des
astéroïdes.
Les astéroïdes ne
sont pas le résultat de l'éclatement d'une planète mais en fait celui de la
fragmentation de planetesimos issus de la coagulation de poussières au cours de
phénomènes cosmiques violents. Ces corps se sont donc formés en même temps que
le soleil car provenant comme ce dernier de la condensation de la nébuleuse
protosolaire. Les astéroïdes ont un lien étroit avec le soleil, mais également
avec les planètes issues elles-mêmes d'une nouvelle coagulation de planetesimos
et d'autres corps. La majeure partie de ces petites planètes se situe dans un
anneau situé entre les orbites de Mars et de Jupiter. De part la proximité de
cette dernière planète, l'agglomération de planetesimos a été interrompue,
empêchant ainsi la formation d'une 5ème planète déduite par la loi
de Titius-Bole.
Pour information,
cette loi donne empiriquement les distances relatives des planètes au soleil à
partir des vitesses de rotation de celles-ci. Elle nous dit finalement que la
ceinture d'astéroïdes aurait dû, sans l'influence de perturbations
gravitationnelle, s'agglomérer en une planète.
3.Identification
des astéroïdes.
L'identification
des astéroïdes est réalisée de manière rigoureuse, suivant une convention
particulière. Ils reçoivent d'abord un numéro temporaire donné par le Miror
Planet Center, indiquant l'année et le mois de la découverte :
" AAAAXY ".
AAAA = année de
la découverte
X = moitié du
mois où la découverte a eu lieue
Y = ordre de la
découverte dans cette moitié
Par exemple,
1982DB est le deuxième astéroïde découvert dans la seconde moitié du mois
de février. Une fois l'orbite connue, ils reçoivent un chiffre et un nom.
4.Classification
des astéroïdes : composition et position dans le système solaire.
Trois types
d'astéroïdes ont été déterminés d'après l'albédo et les spectres émis
(composition chimique) :
·
Type C (carbonés :
riche en carbone et éléments volatils)
Il comprend 75%
des astéroïdes connus. Il serait associé à la classe des météorites chondrites
carbonées. Ces astéroïdes sont de couleur très foncée, due à une grande teneur
en hydrocarbures, et ont donc un albédo très faible (" 0,05). Il
semblerait que ce soit les matériaux les plus anciens du système solaire.
·
Type S (silicaté)
17% des
astéroïdes appartiennent à cette classe. Ils ont un albédo moyen (de 0,10 à
0,20) et absorbent fortement la lumière bleue ainsi que les ultraviolets. Ils
sont composés essentiellement de silicates de fer et de magnésium.
·
Type M
(métalliques : riche en fer et nickel)
Ces astéroïdes
sont très rares. Ils réfléchissent très bien la lumière (albédo supérieur à
0,20) et correspondraient aux météorites métalliques. Ils sont constitués
essentiellement de fer et de nickel.
Deux autres classes
ont été créées sur cette base : les types E, R et U pour unknown.
|
Nr |
Nom |
Distance |
Diamètre |
Masse |
Découvreur |
Date |
|
2062 |
Aten |
144 514 km |
1 km |
? |
Helin |
1976 |
|
3554 |
Amun |
145 710 km |
? |
? |
Shoemaker |
1986 |
|
1566 |
Icare |
161 269 km |
1,4 km |
? |
Baade |
1949 |
|
951 |
Gaspra |
205 000 km |
16 km |
? |
Neujmin |
1916 |
|
1862 |
Apollo |
220 061 km |
1,4 km |
? |
Reinmuth |
1932 |
|
243 |
Ida |
270 000 km |
70 km |
? |
? |
1880 |
|
4 |
Vesta |
353 400 km |
526 km |
2.38e20 |
Olbers |
1807 |
|
3 |
Junon |
399 400 km |
246 km |
? |
Harding |
1804 |
|
15 |
Eunomia |
395 500 km |
272 km |
? |
De Gasparis |
1851 |
|
1 |
Cérès |
413 900 km |
933 km |
1.17e21 |
Piazzi |
1801 |
|
2 |
Pallas |
414 500 km |
522 km |
2.18e20 |
Olbers |
1802 |
|
52 |
Europa |
463 300 km |
312 km |
? |
Goldschmidt |
1858 |
|
10 |
Hygiea |
470 300 km |
430 km |
? |
De Gasparis |
1849 |
|
511 |
Davida |
475 400 km |
336 km |
? |
Dugan |
1903 |
|
911 |
Agamemnon |
778 100 km |
176 km |
? |
Reinmuth |
1919 |
|
2060 |
Chiron |
2 051 900 km |
170 km |
? |
Kowal |
1977 |
Quelques
astéroïdes
Un autre
classement des astéroïdes est établi d'après leur position dans le système
solaire : il contient trois catégories.
La première
catégorie appelée ceinture principale, située entre Mars et Jupiter est
subdivisée en huit groupes portant le nom de l'astéroïde principal :
Hungaria, Flora, Phocaea, Koronis, Eos, Themis, Cybeles et Hildas.
La seconde
catégorie, les NEA (Near Earth Asteroids) contient les astéroïdes dont l'orbite
est proche de celle de la Terre. Elle est subdivisée en trois groupes :
·
Aten : ce sont les
astéroïdes dont le demi grand axe de leur orbite mesure moins d'une unité astronomique
(UA) et dont la distance de l'aphélie est supérieure à 0,983 UA. Il arrive
parfois à ces astéroïdes de croiser l'orbite de la Terre à leur aphélie.
·
Apollo : ce sont
les astéroïdes dont le demi grand axe de leur orbite est plus grand que 1 UA et
la distance du périhélie est inférieure à 1,017 UA. L'orbite de ces astéroïdes
entrecoupe de temps en temps celle de la Terre.
·
Amor : à leur
périhélie, leur distance au soleil est comprise entre 1,017 et 1,3 UA. L'orbite
de ces astéroïdes entrecoupe celle de Mars sans atteindre celle de la Terre.
La troisième et
dernière catégorie, les ECA (Earth Crossing Asteroids), sont les astéroïdes qui
croisent l'orbite terrestre : ils se déplacent sur une trajectoire les
faisant entrer régulièrement dans la zone de capture de la Terre, crée par la
présence des perturbations gravitationnelles de cette dernière, et des autres
planètes.


II.LES
ASTEROIDES GEOCROISEURS (ECA)
1.Une menace pour
la Terre ?
Depuis une
trentaine d'années seulement, nous commençons à prendre conscience de la
possibilité d'une collision d'un astéroïde avec la Terre.
D'après Steven
Ostro (chercheur à la NASA), il y aurait 2.000 astéroïdes dont la taille
dépasserait 1 kilomètre, quelques centaines de milliers les 100 mètres et peut
être 150.000.000 les 10 mètres.
Au début des
années 1970, seulement 13 astéroïdes géocroiseurs ont été repérés : ce qui
laissait entrevoir un risque de collision peu élevé.
Mais, c'est à
cette époque qu'on a réalisé le danger présenté par les géocroiseurs. En effet,
les missions Apollo ont montré que la multitude des cratères lunaires était due
à l'impact d'astéroïdes. Si la Lune a subi un bombardement intense, la Terre en
a sûrement été elle aussi victime. Cependant, on retrouve peu de traces
d'impacts sur la Terre parce qu'elle est constamment remodelée par l'érosion,
l'activité tectonique et le volcanisme. Le célèbre Meteor Crater d'Arizona (1
kilomètre de diamètre) est le résultat de l'impact d'une météorite d'à peine 15
mètres de diamètres . De plus, le choc d'un astéroïde de 30 mètres de diamètre
dégage une énergie équivalente à celle de la bombe Hiroshima. Suivant la taille
de l'objet, les conséquences peuvent donc être cataclysmiques.

Le
Barringer Meteor Crater près de Winslow, en Arizona,
Un
des exemples les mieux conservés de cratères d'impact sur Terre.
Pour Michel
Grenon (astrophysicien à l'observatoire de Sauverny) la chute d'un astéroïde de
quelques kilomètres provoquerait des séismes majeurs, des éruptions
volcaniques, des raz de marée monstrueux ainsi que des nuages de poussières
masquant les radiations solaires provoquant ainsi l'équivalent d'un hiver
nucléaire. Pour exemple, le cratère de Chicxulub (180 kilomètres de diamètre),
au large du Yucatan, au Mexique, a été causé par le chute d'un astéroïde de
taille moyenne : 9 à 10 kilomètres de diamètre. Sa vitesse a été estimée
entre 30 et 50 kilomètres par seconde. Il a créé une vague qui est remontée sur
2.000 kilomètres à l'intérieur des terres, dans la plaine du Mississippi (il y
a 65 millions d'années) et a en partie causé l'extinction des dinosaures...

Dessin
d'une collision astéroïde/Terre vue par la NASA
2.Que peut on
faire pour prévenir une telle catastrophe ?
La vitesse des
astéroïdes étant considérable, la détection et le calcul de leur trajectoire en
est rendu plus difficile. De bon télescopes permettent, avec un temps de pose
de l'ordre de 20 minutes, de prendre une photo d'une portion de ciel. On y voit
des petits points, représentant des objets immobiles, et des sortes de traînées
souvent assimilées à des astéroïdes. On calcul ensuite leur orbite, par
extrapolation. Evidemment, plus ils sont gros et proches, mieux on les
détectes. Mais un astéroïde non identifié au préalable et qui viendrait du
centre du système solaire serait impossible à repérer visuellement.
C'est ainsi qu'en
25 ans d'observations, on a identifié quelques 250 astéroïdes géocroiseurs. Les
astronomes estiment qu'on a repéré à peine 10 % des plus gros géocroiseurs.
Afin de quantifier plus précisément le risque de collision avec la Terre, un
programme de surveillance du ciel a été mis en place. Appelé " Spaceguard
Survey ", ce programme utilisera un réseau de télescopes, de 2 ou 3
mètres de diamètre. L'objectif recherché est de découvrir dans les 25 ans, 90%
de l'entière population des ECA de taille kilométrique. Nous serions à même de
prévoir l'évolution orbital de ces objets et de prévenir tout danger de
collision avec des moyens qui restent à définir.
Les grands
cataclysmes sont particulièrement rares. Ils ne surviennent pas plus d'une fois
tous les 100 millions d'années. Quant à une catastrophe de moindre envergure,
nous avons des chances d'y échapper puisque la présence humaine ne s'étend que
sur 3% de la surface de la Terre.
Enfin, l'histoire
nous montre clairement que nous avons beaucoup à apprendre sur les astéroïdes.
A ce sujet, en février 1996, la NASA a lancé une sonde NEAR (Near-Earth
Asteroïd Rendezvous) qui se plaça en orbite autour de l'astéroïde 433 Eros en
février 2000.

Dessin :
Near en orbite autour d'Eros
III.UN
EXEMPLE D'ASTEROIDE : 433 Eros.
L'astéroïde Eros
a été découvert en 1898 par G. Witt (Allemagne) et A. Chalois (France). C'est
le premier astéroïde qui possède un nom masculin : celui du dieu grec de
l'amour. Il appartient à la famille des Amors, une des familles d'objets qui
contrairement à la plupart des astéroïdes n'ont pas leur orbite confinée entre
celles de Mars et Jupiter, mais qui peuvent s'approcher de celle de la Terre
(NEA : Near Earth Asteroid) ou même couper son orbite (ECA : Earth Crossing
Asteroids). Ce n'est pas le cas d'Eros. Eros est le deuxième plus gros
astéroïde NEA et le premier découvert. Cette caractéristique orbitale suscite
actuellement de nombreuses études sur les risques de collisions. L'étude de sa
composition peut nous renseigner sur le système solaire primitif. Par ailleurs
la proximité facilite leur exploration par des sondes spatiales.
1.La mission Near
Earth Asteroid Rendez-vous (NEAR).
La mission
" Near-Earth Asteroid Rendez-vous " (NEAR) est la première
du programme " Discovery " une initiative de la NASA pour
observer les petites planètes proches de la Terre. Son but est de se mettre en
orbite autour de l'astéroïde 433 Eros. Son coût maximum a été fixé à 150 millions
de dollars pour la construction, le lancement et le suivi. La mission NEAR est
dirigée par le laboratoire universitaire de physique appliquée de Johns Hopkins
dans le Maryland. NEAR fut lancée le 17 février 1996. Après trois ans de voyage
et des problèmes de propulsion, elle s'est mise en orbite autour de l'astéroïde
Eros le 14 février 2000 pour environ un an. NEAR se mettra en orbite autour
d'Eros à une distance variant entre 500 km et 24 km. Durant son trajet, la
sonde est passée à 1200 km d'un astéroïde de classe C : 253 Mathilde.
But de la mission
NEAR.
Comme le premier
engin à se mettre en orbite autour d'un astéroïde, la mission NEAR promet de
répondre à des questions fondamentales sur la nature et l'origine des objets
proches de la Terre. Ces objets son intéressant pour plusieurs raisons :
·
Ces objets sont à la
source des corps qui sont entrés en collision avec la Terre et qui ont
influencé l'évolution de l'atmosphère et de la vie. La composition et la
provenance des astéroïdes est la clé du lien entre les météorites et les
astéroïdes, et peut élucider la nature des impacts des astéroïdes sur la Terre.
Cette mission pourrait donc résoudre le paradoxe photométrique : les
astéroïdes les plus abondants sont de type C alors que les météorites sont
essentiellement de type S.
·
La nature du système
solaire primitif est préservée sous plusieurs formes comme les astéroïdes. Les
astéroïdes proches de la Terre, contiennent donc les clés de la nature des
planètes du système interne dont fait parti la Terre.
La mission NEAR
effectue les premières mesures quantitatives de la composition et de la nature
d'un astéroïde. Ces mesures sont analysées par l'Académie des Sciences et
représentent l'objectif scientifique principal de l'exploration des corps
primitifs. Le but scientifique de la mission NEAR est de mesurer :
·
Les propriétés
générales : taille, forme, volume, masse, gravité et rotation.
·
Les propriétés de la
surface : composition élémentaire et minérale, géologie, morphologie et
texture.
·
Les propriétés internes
: distribution massique et champ magnétique.
La sonde NEAR.
La sonde a la
forme d'un prisme hexagonal avec 4 panneaux solaires et une antenne radio fixe
de 1,5 m. Elle contient le matériel suivant :
·
Spectromètres de rayons
X et gamma (XGRS) pour déterminer la fluorescence de certains éléments de
surface sous l'influence du soleil, les émissions et la radioactivité de
l'astéroïde.
·
Spectrographe
d'imagerie infrarouge (NIS) pour déterminer l'abondance relative des minéraux
comme les pyroxènes ou l'olivine.
·
Une caméra d'imagerie multispectrale
(MSI) pour déterminer la forme, les caractéristiques de la surface et une carte
de la distribution des minéraux.
·
Un altimètre laser
(NLR) pour déterminer la topographie et construire un modèle de l'astéroïde.
·
Un magnétomètre pour
mesurer le champ magnétique d'Eros.
·
Une radio pour mesurer
les vitesses radiales par rapport à la Terre (effet Doppler).
Le champ de
gravité est estimé à partir de la trajectoire de NEAR autour de l'astéroïde.
Toutes les
données sont envoyées sur Terre, analysées et publiées en temps réel.

Schéma
de la sonde NEAR
2.Description
d'Eros.
Propriétés
générales
Eros est un
astéroïde de type S, sujet d'un débat sur la relation avec les météorites (D'où
les météorites viennent-ils ?). Un des but de la mission NEAR est de déterminer
l'abondance relative des éléments clés (fer, silicium, magnésium ou autres)
associés avec d'autres minéraux. Ce résultat pourrait répondre à ce débat. La
masse d'Eros est de 5.1015 kg
Eros a une forme
allongée en forme de pomme de terre avec des dimensions estimées de 40,5 par
14,5 par 14,1 km. Il est un des trois astéroïdes proches de la Terre dont le
diamètre est supérieur à 10 km. Eros présente une forme concave à sa surface.
Cette forme a été déterminée par une anomalie lors de sa rotation. Son albédo
est de 0,16.

Photo de 433 Eros
On note une
différence dans la répartition des minéraux. En effet, les pyroxènes sont plus
concentrés d'un coté que de l'autre. De plus, on note la répartition opposée
pour l'olivine.
Il n'y a ni
atmosphère ni eau sur Eros d'après les données actuelles. La température diurne
est de 100°C et la température nocturne est de -150°C.
La gravité d'Eros
est faible mais suffisante pour que la sonde reste en orbite (un objet de 45 kg
sur Terre pèse 30 g sur Eros et un objet lancé de la surface de l'astéroïde à
10 m/s est mis sur orbite).
Composition
chimique
Les premières
données sur la composition minéralogiques d'Eros nous démontrent la présence de
magnésium, de fer, de silicium et probablement d'aluminium et calcium. Elles
ont été obtenues grâce à une émission (explosion) du soleil qui a excité les
minéraux de l'astéroïde et qui ont émis des rayons fluorescents analysé par la
sonde. Cette analyse est un bonus à la mission puisque non prévue.
Les cratères
La première
détection du laser nous montre la topographie de l'astéroïde en répertoriant
les creux et les bosses situés en surface. La sonde envoi régulièrement des
images multispectrale d'Eros. Son orbite autour de l'astéroïde facilite sa
tâche et les différences d'illumination permettent d'augmenter les contrastes
d'altitude. Ces images nous présentent des chaînes de cratères (jusqu'à 80 m de
diamètre et 10 m de profondeur), des rochers d'au moins de 50 m et de grandes
rides qui s'étendent sur quelques kilomètres en surface.
Visible sur les
flans de beaucoup de cratères, on peut observer du matériel fragmenté à la
surface de l'astéroïde : le régolithe. Il serait dû aux impacts subit par
l'astéroïde. A la suite de cette étude, on peut remarquer qu'Eros est couvert
de cratères dont le diamètre est inférieur à 1,5 km.
La totalité de la
surface d'Eros sera répertoriée, mesurée et analysée d'ici la fin de la mission
en février 2001.
3.Eros dans son
environnement.
Contrairement aux
astéroïdes dont la trajectoire est généralement située dans le ceinture
d'astéroïde entre Mars et Jupiter, Eros fait parti des astéroïdes qui sont
proches de la terre (ceinture interne). Il serait issu d'une comète morte ou
d'un fragment de collisions d'astéroïdes. On connaît environ 250 astéroïdes
proches de la Terre et les spécialistes estiment à 1000 ceux qui ont un
diamètre de plus d'un km.
Une orbite
inhabituelle
Eros fait parti du
groupe des Amors avec une orbite qui croise celle de Mars mais pas celui de la
Terre. Sa trajectoire est elliptique autour du soleil et sa période de
révolution est de 1,76 ans. Son orbite est inclinée de 10,8 degrés par rapport
au plan de l'écliptique. L'excentricité de son orbite est de 0,223. Sa distance
minimum au soleil (périhélie) est de 1,13 UA (169.000.000 km) et sa distance
maximale au soleil (aphélie) est de 1,78 UA (266.000.000 km). Sa distance
moyenne au soleil est donc de 1,46 UA (218.000.000 km).
Eros a approché
la Terre en 1901, 1931 et le 23 janvier 1975. La distance Terre-Eros était de
0,15 UA (22.000.000 km), la plus petite connue dans ce siècle. A cause de ces
rapprochements répétés, Eros est devenu un objet important dans la masse du système
Terre-Lune.
L'orbite d'Eros
croise celui de Mars au niveau de son périhélie, mais l'inclinaison de l'orbite
d'Eros réduit le risque de collision. Mars n'a jamais été à moins de 0,24 UA
d'Eros alors que la Terre a été à 0,15 UA de l'astéroïde. Ce phénomène s'est
produit en janvier quand Eros était à son périhélie. La Terre a cette époque
était aussi proche du sien (0,984 UA).
Orbites de
planètes et d'astéroïdes peuvent changer sur de très longues périodes. Les
données accumulées seront donc sûrement vérifiées pendant les prochaines
centaines d'années.
Axe de rotation
Eros possède une
période de rotation de 5,27 heures. L'axe de rotation d'Eros est proche du plan
de son orbite, comme la planète Uranus. Ceci donne à l'astéroïde des
" saisons " exagérées : même si la notion de saisons sur un
astéroïde reste un peu utopique. En mars, c'est l'été sur le pôle Nord :
l'ensoleillement est continue. L'équivalent de l'équinoxe d'automne sur Terre
sera visible sur Eros au mois de juin. A cette époque, le pôle Sud rentrera
dans une période d'ensoleillement continu de 12 mois alors que le pôle Nord
sera dans le noir.
CONCLUSION.
L'étude des
astéroïdes présente donc plusieurs intérêts. Le premier réside dans l'étude de
leur composition. En effet, certains astéroïdes présentent une composition
chimique proche, voire identique à celle du système solaire primitif. Mais
l'étude de la structure de ces objets est assez récente et n'est possible que
par l'envoi de sondes. Ainsi, la sonde NEAR en orbite autour de 433 EROS depuis
février 2000 nous permettra d'obtenir la première étude approfondie d'un
astéroïde.
L'étude des
trajectoires de certains astéroïdes comme les ECA peut présenter un intérêt
d'ordre préventif. En effet, la détection d'un astéroïde géocroiseur aurait comme
objectif de prévoir ou d'éviter une hypothétique collision avec la Terre et
ainsi éviter l'extinction de milliers d'espèces sur Terre (comme il y a 65
millions d'années).
De ces études, on
peut également dégager un intérêt économique. Les ressources sur Terre ne sont
pas inépuisables et on peut envisager, dans un futur proche, pouvoir exploiter
les ressources minières des astéroïdes. On estime qu'un kilomètre cube
d'astéroïde de type M, c'est à dire métallique, contient 71.012 kg de fer,
1.012 kg de nickel et suffisamment de cobalt pour satisfaire la consommation
mondiale pendant 3.000 ans.
Enfin, dans un
futur nettement plus lointain, les astéroïdes pourraient constituer
d'avantageuses bases spatiales de précolonisation du système solaire. En effet
grâce à leurs ressources minières, ils peuvent approvisionner les colons en
matière première. De plus, de par leur faible masse, donc leur faible gravité,
l'énergie requise pour quitter l'astéroïde hôte est beaucoup plus faible que
celle nécessaire pour quitter le Terre. Mais bien entendu ceci résulte encore
du domaine de la science fiction.
BIBLIOGRAPHIE
Sites internet :
http://www.near.jhuapl.edu
http://www.echo.jpl.nasa.gov
http://astro.geoman.net/fr/astro/actu/astronomie/14/html/astéroïdes.html
http://nssdc.gsfc.nasa.gov/planetary/text/eros.txt
http://www.bdl.fr/Granpub/nouvellesArchives.html
Ouvrages :
" Dictionnaire de
l'astronomie ", Philippe de La Cotardière, Ed. LAROUSSE
" Le système solaire ",
Thérèse Encrenaz, Ed. DOMINOS FLAMMARION
" Encyclopaedia
Universalis "