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Déchets :

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Bobo-Dioulasso, une ville à gérer…

Entrevue avec Yacouba Traoré, directeur régional de l’ONASENE ( Office NAtional des Services d’Entretien, de Nettoyage et d’Embellissement ) à Bobo-Dioulasso ( Burkina Faso ). Diplômé d’une maîtrise de géologie urbaine effectuée en Europe.

Dans cette ville de plus de 450.000 habitants, ce sont des montagnes de déchets qui sont à gérer. Pour cela, la capitale économique du Burkina Faso possède deux types de collectes de déchets ménagers et une collecte des déchets industriels qui laisse à désirer.

Les services municipaux : gratuits, utiles mais peu hygiéniques...

Sur toute la ville de Bobo-Dioulasso, 113 bacs-containers sont répartis selon une carte de la densité de population. Cette disposition est rigoureusement respectée. Les habitants se déplacent et déposent leurs ordures dans ces bacs ramassés toutes les semaines. Ce ramassage, lui aussi extrêmement planifié, s’effectue par camions à bras articulés. Les bacs sont ensuite vidés dans d’anciennes carrières abandonnées.

Vers le mois d’avril, les agriculteurs vont chercher les déchets dans les carrières afin de les répandre dans leurs champs : c’est une source d’engrais non négligeable pour ces agriculteurs car 70% de ces déchets sont biodégradables. Cette méthode, la plus économique, et une des moins écologiques, s’avère être la seule solution pour ce pays qui a d’autres priorités.

Le rôle important des associations...

Il existe 4 associations, rattachées au Ministère de l’Environnement du Burkina Faso, chargées de la collecte des déchets à Bobo-Dioulasso. Elles sont réparties par secteurs d’environ 50 personnes. La plus importante en nombre d’abonnés est l’ONASENE. En effet, certains habitants de Bobo-Dioulasso cotisent pour que leurs ordures ménagères, déposées dans des fûts de 200L, soient ramassées.

Mais seule la population d’un certain niveau social peut y souscrire en raison du coût : 1000 FCFA/mois soit 10 FF/mois (en août 96). Yacouba Traoré explique : " Quelqu’un qui se bat pour le pain quotidien ne peut pas donner 1000 FCFA " bien que selon lui la méthode soit étudiée pour " toutes les couches de la population ". Le ramassage et les ordures récoltées sont stockées avec les déchets municipaux.

Le dépôt des bacs est assez récent, novembre 1993, et depuis, les associations voient leur nombre d’abonnés diminuer. Pour 3000 abonnés en 1993 ( plus de 80% pour l’ONASENE), il n’en reste plus que 800 en août 1996. Cependant, la ville est nettement plus propre depuis cette décision. Mais le dépôt des bacs pose un problème puisque la plupart du temps, ce sont les enfants qui s’occupent des ordures et " un gamin de 8-10 ans qui arrive avec une grosse brouette dépose à côté du bac... La brouette est trop lourde. " explique le directeur régional de l’ONASENE. Les bacs ne sont pas faits pour les enfants et encore moins pour les handicapés.

Déchets industriels, le plus polluant des problèmes...

Les industries burkinabées déposent leurs déchets de tout type dans des bacs maçonnés, à même le sol. Yacouba Traoré avoue que " c’est une pagaille qui existe à ce niveau... ". Ce sont des tonnes et des tonnes de terre qui sont polluées, détériorées par des piles, des huiles, du pétrole et des produits chimiques. Les liquides s’infiltrent vers la nappe phréatique et les solides rejoignent les carrières municipales tous les mois. Le problème, grave de conséquence, est celui des déchets hospitaliers, seringues et autres objets contaminés stockés avec le reste des déchets, là où les enfants jouent sur les bords de la ville.

Une mentalité qui change, mais si lentement...

Un comité de salubrité a été créé par le maire de Bobo-Dioulasso en 1993. C’est ce comité qui a instauré le dépôt de bacs afin de remplacer les 513 tas d’ordures stockés à même le sol.

D’un autre coté, la mentalité de la population reste figée. Un enfant, devant moi, jetant une peau de banane à quelques pas d’un bac n’a rien trouvé de mieux que de me dire : " ça va s’en aller... ". Excuse facile. Il est vrai que ce type de déchets est biodégradable mais c’est avant tout sale et dangereux de le mettre par terre. Il ne veut rien comprendre...

 

***

Heureux sont les occidentaux qui ont des rues propres, des poubelles régulièrement ramassées, et proprement, des employés municipaux qui nettoient les routes et les trottoirs, des usines de traitement de déchets et des décharges en voie d’extinction. Profitez-en et respecter la Terre, elle est unique et fragile...

 

 

Julien BERTHOLON.

Université de Cergy-Pontoise.

Réalisé : Septembre 96

Publié dans un journal universitaire en Novembre 98

Publié sur le Web en Octobre 99

 

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