Le
stockage en classe II
C. La couverture, le comblement des casiers
II. Le site de stockage est un système évolutif
A. Evolution de la composition du déchet.
B. Evolution de la géométrie du stockage.
C. Evolution des structures
d’étanchéité/drainage.
D. Evolution du couvert végétal.
III. L’exploitation des CET de classe II
B. L’exploitation de l’alvéole
C. Le contrôle des déchets entrants
D. La gestion de la pollution olfactive
E. Le suivi des effluents liquides, du biogaz et
des tassements de la couverture. 5
F. Le réaménagement de l’alvéole
IV. Le traitement des lixiviats
V. La valorisation du biogaz collecté
VI. La méthanisation maîtrisée
La recirculation des lixiviats
VII. La taxe générale sur les activités polluantes
(TGAP)
Les CET de classe II sont basées
sur le principe de confinement. Il consiste à isoler les déchets du milieu
naturel afin de mieux gérer les polluants qui en résultent. Le confinement est
basé sur la sécurité passive, la sécurité active et la couverture qui dépend du
type de déchet stocké.
Le confinement est prévu dans la
législation française (voir arrêté du 9 septembre 1997 modifié) et il a été
décidé en réponse à plusieurs préoccupations :
-
assurer la réduction des entrées et sorties d’eau du
site ;
-
assurer un drainage efficace des lixiviats afin d’éviter toute
percolation à travers le sol ;
-
assurer la pérennité du système de confinement pendant
plusieurs dizaines d’années correspondant à la lente évolution des déchets.
Afin d’atteindre ces objectifs il
est nécessaire de mettre en place deux niveaux de sécurité :
-
la sécurité active qui regroupe l’ensemble des moyens mis en
place par l’exploitant lors des différentes phases de l’exploitation pour
prévenir et éviter les risques de pollution ou les nuisances ;
-
la sécurité passive, qui regroupe l’ensemble des moyens, qui
en cas de défaillance de la sécurité active, minimise les effets d’une
pollution potentielle.

Coupe d’un CET de classe II.
Les chiffres de l’arrêté
ministériel imposent pour la sécurité passive, un substratum présentant de haut en bas:
-
un mètre avec une perméabilité K = 1.10-9 m/s,
pour éviter tout écoulement des lixiviats vers les eaux souterraines en cas de
défaillance de la sécurité active ;
-
cinq mètres avec une perméabilité K = 1.10-6 m/s,
vise la protection des eaux souterraines.
Ces deux conditions peuvent, dans
le meilleur des cas, être réunies dans le milieu naturel (cas des sols
argileux) mais dans la majorité des situations ces seuils ne sont pas atteints.
Il faut donc mettre en place de mesures compensatoires permettant d’atteindre
des niveaux équivalents. Techniquement plusieurs solutions sont possibles en
fonction des différents paramètres du site.
Elle a pour objectif d’assurer
l’indépendance hydraulique du casier et le drainage des lixiviats. Cette
barrière est normalement constituée, du bas vers le haut, par une géomembrane
ou tout dispositif équivalent, surmontée d’une couche de drainage.
La géomembrane ou le dispositif
équivalent doit être étanche, compatible avec les déchets stockés et
mécaniquement acceptable au regard de la géotechnique du projet. Sa mise en
place doit en particulier conduire à limiter autant que possible toute
sollicitation mécanique en traction et en compression.
Aujourd’hui il existe essentiellement
deux types de géomembrane :
-
à base de géocomposites bentonitiques ;
-
à base de polymères synthétiques (PeHD).
L’ensemble drainant mis en place
sur la géomenbrane est d’une épaisseur
minimum de 50 cm et d’une perméabilité de 1.10-4 m/s, il est
constitué d’éléments siliceux à l’intérieur desquels est disposé un réseau de
drains. Le diamètre de ces derniers doit être suffisant pour éviter le
colmatage, faciliter l’écoulement des lixiviats, permettre le passage de
systèmes d’entretien et le contrôle du réseau.
C.
La
couverture, le comblement des casiers
La couverture d’un site de
stockage de déchets en surface est sans doute la structure qui a le plus de
conséquences sur le devenir du site à moyen et à long terme, et sur son impact
sur l’environnement. Pour être efficace, une couverture devra être conçue et
dimensionnée en prenant en compte un nombre important de facteurs, ainsi que le
caractère évolutif du stockage dans son ensemble.
Les fonctions principales de cette
couverture sont :
-
le drainage du biogaz pour une collecte maximale en vue
d’une valorisation ;
-
l’étanchéité/perméabilité pour contrôler les fluides entrant
dans les déchets : aucune entrée dans le cas des CET de classe I et de la
recirculation des lixiviats de CET de classe II et entrée limitée dans le cas
des CET de classe II sans recirculation ;
-
le drainage des eaux météoritiques pour limiter les
quantités d’eau qui entrent dans les déchets et éviter de devoir traiter des
quantités importantes de lixiviats. Ce drainage est aussi favorisé par la pente
de la couverture et la présence de fossés ;
-
le support du couvert végétal qui permet de faire des
réserves en éléments minéraux et en eau, de limiter l’infiltration de l’eau
vers les couches inférieures, de réduire l’érosion de la couverture et
d’atténuer les conséquences des variations climatiques. Le support végétal
permet aussi une intégration paysagère du site réaménagé.
Les flux d’eau dans le massif de
déchets sont donc à limiter au maximum pendant et au terme de l’exploitation du
casier. Pour cela il faut mettre en place une étanchéité de surface, soit
provisoire, soit finale. La couverture finale est fonction du type de déchets
stockés.
Pour les déchets peu évolutifs
(cas des CET de classe I pour limiter la pénétration d’eau) la couverture
imperméable se compose :
-
d’un écran imperméable d’un mètre d’épaisseur de
perméabilité K<1.10-9 m/s, recouvert d’une géomembrane ou tout
dispositif équivalent ;
-
d’une couche drainante de perméabilité K>1.10-4
m/s permettant de limiter les infiltrations d’eau, complétée si nécessaire de
drains ;
-
d’une couche de terre végétale favorisant la
revégétalisation et l’évapotranspiration.
Pour les déchets fermentescibles
et évolutifs la couverture sera semi-perméable (cas des CET de classe II) , afin
de laisser pénétrer une quantité d’eau suffisante à la biodégradation.
Elle se compose de bas en
haut :
-
d’une couche drainante dans laquelle se situe le réseau de
drainage et de captage du biogaz ;
-
d’un écran semi-perméable constitué de matériaux naturels
argileux remaniés et compactés sur une épaisseur d’au moins un mètre ou tout
dispositif équivalent ;
-
d’une couche drainante limitant les infiltrations des eaux
de pluies dans le stockage ;
-
d’une couche de terre végétale favorisant la
revégétalisation et l’évapotranspiration.

Schéma de
principe d’un casier en fin d’exploitation
II.
Le site de stockage est un
système évolutif
A.
Evolution
de la composition du déchet.
La matière organique
contenue dans les déchets se dégrade au cours du temps. Cette dégradation
anaérobie (en absence d’oxygène) qui est à l’origine de la production de
biogaz, est souhaitable car elle transfert de la charge polluante organique
depuis les phases solide (le déchet) et liquide (le lixiviat) vers la phase
gazeuse (le biogaz). Or le biogaz est plus facile à gérer et à traiter que le
lixiviat : il peut être valorisé. La dégradation contribue à minéraliser
le déchet et constitue en quelque sorte un « inertage » naturel du
déchet (la charge polluante du déchet est réduite)
B.
Evolution
de la géométrie du stockage.
Le déchet
subit des tassements sous l’effet de son propre poids, mais aussi de la
décomposition de sa fraction organique évoquée précédemment. Ces tassements,
qui peuvent atteindre une fraction importante de l’épaisseur totale de la
colonne de déchets, entraînent des modifications du modelé de la couverture du
stockage. Ces modifications induisent des contraintes mécaniques au niveau des
matériaux qui constituent la couverture et qui peuvent subir des
détériorations.
C.
Evolution
des structures d’étanchéité/drainage.
Les
matériaux mis en oeuvre pour limiter les entrées d’eau dans le massif de
déchets ou les sorties d’eau depuis les déchets vers le milieu naturel, ne sont
pas éternels. Les structures d’étanchéité peuvent se détériorer sous l’effet de
contraintes mécaniques différentielles (cas notamment des matériaux
synthétiques). Les matériaux drainant peuvent se colmater sous l’effet de
l’entraînement de particules fines ou de précipitations minérales. Ces
phénomènes ont des conséquences importantes sur la manière de concevoir les
sites de stockage ou tout particulièrement les couvertures.
D.
Evolution
du couvert végétal.
La
population végétale sur une couverture évolue et peut inclure à terme des
espèces qui ne vont pas dans le sens d’un maintien des fonctions de la
couverture dans le temps. En effet, le développement racinaire peut créer des
cheminements préférentiels pour l’infiltration d’eau à travers la couverture.
Face à cette dynamique complexe,
qui relève de nombreux mécanismes agissant de manière conjointe, la couverture
d’un site de stockage a la redoutable tâche de garantir une certaine pérennité
des performances du site, et notamment celles relatives à la protection de l’environnement.
La difficulté de cette tâche explique pourquoi, en matière de couverture, il
n’existe pas de solution unique. Aussi, au niveau de la réglementation, le
législateur a-t-il préféré laisser la porte suffisamment ouverte en ne
précisant qu’un objectif général de réduction des infiltrations d’eau dans les
déchets.
III.
L’exploitation des CET de
classe II
Pour
préparer le casier, une phase de terrassement à lieu, le but est de préparer le
terrain à recevoir les systèmes de protection du sol (étanchéification par de
l’argile et par une géomembrane) et de drainage des effluents (systèmes de
drain dans des matériaux fortement perméable comme le sable ou les graviers).
Le système de drainage est constitué de drains, collecteurs et puits de
relevage des lixiviats. Les déchets peuvent alors être stockés dans le casier
divisé en alvéoles. Une alvéole en exploitation a une superficie de 5000 m²
maximum pour limiter les envols, les odeurs et la pénétration de la pluie dans
les déchets. Les alvéoles sont exploitées les unes après les autres.
B.
L’exploitation
de l’alvéole
Les
déchets, après pesée et contrôles sont dirigés vers l’alvéole en exploitation.
Ils sont ensuite déchargés, au sol ou directement dans l’alvéole. De plus en
plus souvent, les déchets sont vidés à partir d’un quai de déchargement rigide
qui peut surplomber le casier. Certains sites importants possèdent des quais de
rupture, destinés à limiter le temps de déchargement, les risques d’accidents
et surtout le trafic dans l’alvéole en exploitation. Cette méthode limite la
manutention des déchets et évite le contact entre les bennes et les déchets,
leur évitant par la même occasion de transporter des déchets en dehors du site.
Pour éviter les envols, des filets anti-envols mobiles sont positionnés autour
du casier.
Les
déchets sont ensuite positionnés à l’endroit voulu (en général, il s’agit de la
zone la plus basse) avec un chargeur ou un pousseur-compacteur. Les déchets
entrant ont une densité de 400 kg/m3 pour les déchets industriels
banals et de 700 à 800 kg/m3 pour les déchets ménagers et assimilés.
Un compacteur (entre 40 et 80 tonnes) est alors chargé de les broyer et de les
compacter. Un bon compactage permettra d’éviter des tassements
post-exploitation. Ce compacteur peut-être équipé de pieds de moutons ou de
couteaux pour effectuer sa tâche.
Dès le
début de l’exploitation du CET, les lixiviats sont collectés par le fond du
casier, via le système de drainage présenté précédemment, puis traités.
Par
ailleurs, la collecte du biogaz ne commence qu’après le réaménagement de
l’alvéole. En effet, la fermentation des déchets ne commence pas dès que les
déchets sont enfouis mais près de six mois après. Des puits verticaux sont
percés dans la couverture (avec plus ou moins des drains horizontaux
positionnés sous la couverture) et un extracteur (sorte d’aspirateur qui
maintient le système en dépression) permet de tirer le biogaz du casier. Ce
biogaz est soit valorisé, soit brûlé en torchères sur le site.
C.
Le
contrôle des déchets entrants
Le
contrôle des déchets, le plus souvent enfermés dans les bennes ou camions, se
fait au déchargement. La radioactivité est mesurée à l’entrée des sites par des
portiques de détection de radioactivité. Mais les valeurs mesurées dépendent
largement des caractéristiques du matériel et du bruit de fond.
D.
La
gestion de la pollution olfactive
Les moyens qui peuvent limiter
notablement cette gêne sont les suivants :
-
réduction de la surface exploitée ;
-
couverture suffisamment efficace et suffisamment
fréquente ;
-
bon fonctionnement du réseau d’élimination des
lixiviats ;
-
bonne adaptation de la capacité des torchères au débit de
biogaz à traiter notamment en période de démarrage du CET, car la composition
du gaz évolue dans le temps ;
-
refus de déchets dont l’état de maturation peut susciter des
problèmes olfactifs dès l’ouverture des bennes (boues stockés depuis
longtemps…).
Mais d’autres moyens de protection
comme la brumisation d’agents dispersant ou masquant peuvent aussi être
utilisés.
E.
Le
suivi des effluents liquides, du biogaz et des tassements de la couverture
Le
bilan hydrique constitue le principal outil de suivi du fonctionnement hydrique
d’un site de stockage. Il permet de distinguer des sites qui ont un
fonctionnement hydrique normal, de sites qui présentent les anomalies de
fonctionnement :
-
des volumes de lixiviats collectés très faibles en raison de
pertes de lixiviats à travers le fond des casiers de stockage ;
-
des volumes de lixiviats très importants, en raison d’entrée
d’eau souterraine ou de ruissellement à l’intérieur des casiers de stockage.
Le
suivi de ce bilan hydrique est réalisé en étudiant les entrants et les
sortants du système.
De
plus, la réglementation impose un suivi de la qualité des lixiviats, notamment
pour ce qui concerne les rejets vers le milieu naturel ou encore l’envoi vers
des stations de traitement. L’évolution de la qualité des lixiviats (rapport
DBO5/DCO) est également un indicateur du fonctionnement du système de stockage
en général et de la couverture en particulier.
Les
mesures sur le gaz collecté par le système d’extraction (le biogaz est extrait
par un système en dépression), donnent des indications sur l’état de la
fermentation, ainsi que sur l’étanchéité des parois. Les données à mesurer sont
les suivantes : débits, pressions, température et concentration en
méthane, dioxyde de carbone et dioxygène (la concentration est obtenue par
l’intermédiaire de la vitesse du gaz dans un collecteur de diamètre connu).
L’évolution
du débit de méthane fournit des informations sur la cinétique de dégradation,
le rapport méthane/dioxyde de carbone est représentatif du stade de
fermentation, la teneur en oxygène fournit des informations sur l’étanchéité du
casier.
Les
exploitants de centre de stockage sont dans l’obligation de fournir un relevé
topographique du site au moins une fois par an. Ces relevés contribuent au
contrôle de nombreux paramètres : volume de déchets stocké, stabilité des
aménagements (digues…), tassements différentiels, pentes... Après la fermeture
des CET, les exploitants réalisent aussi des relevés topographiques pour suivre
les évolutions de la couverture.
F.
Le
réaménagement de l’alvéole
Lorsque
l’alvéole est en fin d’exploitation, une nouvelle est en cours de préparation
pour ne pas perturber le flux des déchets entrants.
L’alvéole
est réaménagée : système de drainage des gaz, argile et terre végétale. Il
est ensuite planté des arbustes ou des plantes persistantes, afin d’intégrer le
site dans son environnement local. Pour des soucis de pénétration des racines
dans la couverture, des arbres ne seront pas plantés sur celle-ci.
Il est
possible de mettre en place un système de recirculation des lixiviats pour
accélérer la fermentation, augmenter la production de biogaz, mais la
couverture sera légèrement différente.
IV.
Le traitement des
lixiviats
Les
lixiviats, chargés des polluants doivent donc être traités avant d’être rejetés
dans le milieu naturel. Plusieurs types de traitement sont actuellement
employés. Ce paragraphe les présente. Mais il est important de noter que les
lixiviats évoluent au cours du temps (la charge polluante diminue avec le
temps), et qu’une technique qui peut être efficace au début du traitement,
risque vite d’être disproportionnée après quelques années.
-
traitements biologiques : lagunage (lagunes aérées et
de décantation), station par boue activée, biofiltre ;
-
traitements
chimiques : ozonation, ozonation + UV, ozonation H2O2, ozonation
H2O2
+ UV ;
-
traitements
physico-chimiques : coagulation-floculation puis décantation ou flottation,
filtration sur sable et/ou charbon actif, précipitation ;
-
traitements
membranaires : ultrafiltration, osmose inverse, nanofiltration ;
-
traitements
par concentration : évaporation, évaporation forcée,
évapo-incinération ;
-
traitements
combinés (exemples) : station biologique + ultrafiltration, station
biologique + ozonation / oxydation H2O2 + UV, décantation
+ filtration + osmose inverse, filtration à sable et à cartouche + osmose
inverse, coagulation + floculation + décantation ou flottation et filtration
sur charbon actif…
Les
tableaux suivants présentent les différents rendements caractéristiques de ces
traitements, ainsi que leurs avantages et inconvénients.
Rendements moyens de différents modes de traitement des lixiviats
(en %)
|
|
DCO |
MES |
NTK |
Métaux |
Sels |
|
Lagunage aéré - lixiviats anciens |
40 à 60 |
|
80 à 85 |
|
|
|
Lagunage aéré - lixiviats jeunes |
95 |
|
|
|
|
|
Boues activées |
70 à 75 |
|
|
|
|
|
Biofiltre |
35 |
70 |
98 |
|
|
|
Ozonation |
45 |
|
|
|
|
|
Ozonation O3 + H2O2 |
93 |
|
|
|
|
|
Osmose inverse |
95 à 99 |
100 |
94 |
99 |
97 |
|
Nanofiltration |
80 |
|
|
|
|
|
Coagulation – floculation - flottation |
40 à 45 |
80 |
5 à 10 |
|
|
|
Evaporation |
90 à 95 |
100 |
94 à 99 |
99 |
97 |
|
BRM (lixiviats jeune) |
90 |
99 |
|
|
|
|
BRM (lixiviats vieux) |
60 à 75 |
99 |
98 |
|
|
Avantages et inconvénients des différents procédés de traitement
|
|
Avantages |
Inconvénients |
|
Lagunage aéré |
Simplicité
de fonctionnement Coûts d’investissement
et de fonctionnement faibles Bon
abattement de la DBO5 |
Performances
moindres en hiver ; rendement sur la DCO plus faible, blocage de la
nitrification Pas de
traitement de la DCO dure : nécessité d’un traitement complémentaire Emprise
au sol importante : temps de séjour de 60 à 90 jours |
|
Boues activées |
DBO5,
NTK |
DCO,
métaux lourds et sels |
|
Ozonation (H2O2 et/ou UV) |
DCO |
Consommation
énergétique, azote, métaux lourds, sels |
|
Coagulation – floculation |
Débit de
traitement Encombrement
réduit |
Augmentation
des sels et métaux lourds Production
de boues Traitement
partiel de la DCO (50 % maximum) |
|
Filtration sur charbon actif |
DCO |
Régénération
et élimination du charbon pollué, azote, métaux lourds, sels |
|
Osmose inverse |
Traitement
peu sensible à la qualité de l’effluent Possibilité
d’unité mobile (traitement de plusieurs sites) Performances
du traitement Bon
abattement sur : DCO, métaux lourds et sels |
Préfiltration Coûts
d’investissement Constructeurs
limités Production
de concentrats à réinjecter sur la décharge (peu de recul sur cette
technique) ou à traiter en CET de classe I |
|
Micro et ultrafiltration |
MES,
bactéries et virus |
Azote,
métaux lourds et sels |
|
Evaporation à chaud |
Utilisation
du biogaz de décharge |
Dissipation
partielle à l’atmosphère Variabilité
de la source de méthane |
|
BRM |
Faible
emprise au sol Excellente
qualité (DBO5, azote, MES, DCO, bactéries, virus) Faible
production de boues |
|
|
Biologique + physico-chimique + charbon actif |
Traitements
classiques bien connus Nombreux
constructeurs |
Difficulté
de réglage - Sensibilité à la qualité du lixiviats et donc à l’évolution de
la décharge - Performances
limitées - Surface importante (lagunage) - Coûts de fonctionnement important
- Boues
biologiques et charbon usagé à gérer |
V.
La valorisation du biogaz
collecté
Généralement brûlé
dans des torchères, le biogaz peut aussi servir à produire de l’électricité :
un mètre cube de biogaz équivaut à un demi mètre cube de gaz naturel, soit 5
kWh. Jusqu’à présent, cette alternative était limitée par les composés
corrosifs du biogaz et par sa composition fluctuante. Celle-ci varie en effet
en fonction des conditions climatiques : selon l’humidité, la température et la
pression atmosphérique. La pluie et la neige augmentent l'étanchéité et fait
indirectement augmenter la production de biogaz : effet de Cocotte-Minute.
Le biogaz, lorsque
l’exploitant veut le valoriser, sert le plus souvent de combustible dans des
chaudières à vapeur. La combustion du biogaz est assurée par des brûleurs
spécialement mis au point et intégrés à des chaudières dotées de foyers en
acier inoxydable (à cause des impuretés du biogaz) qui produisent de la vapeur
à haute pression et à haute température. La vapeur sèche créée par les
chaudières est à des températures de l’ordre de 400°C sous une pression
d’environ 40 bars. Elle est dirigée vers une turbine et un alternateur qui
convertissent l’énergie mécanique en énergie électrique. La vapeur est souvent
condensée (par un aérocondensateur) et revient à l’état liquide pour être
réutilisée dans le même circuit. L'énergie créée passe par un transformateur et
est revendue ou utilisée localement. Le surplus de biogaz est brûlé dans des
torchères à environ 900°C (température réglementaire). Certaines unités de
production électrique utilisent du biogaz en mélange avec du gaz naturel
(Etats-Unis).
Cette technique de
valorisation du biogaz est la plus courante mais il est possible d’utiliser la
vapeur de différentes façons : Conserverie, Usine de déhydratation de
luzerne... sont des cas réels en exploitation en France actuellement.
Voir
aussi : Usine de
valorisation du biogaz
VI.
La méthanisation maîtrisée
La méthanisation est
un procédé biologique de dégradation de la matière organique par des micro-organismes.
Ce procédé s’inscrit comme une solution alternative au stockage définitif, en
limitant les coûts de traitement et en respectant la réglementation. La
méthanisation maîtrisée permet de transformer les CET de classe II en centre de
méthanisation.
Le principe est basé
sur la recirculation des lixiviats dans une alvéole fermée appelée alors
bio-réacteur. La dégradation de la matière organique est accélérée et la
quantité de biogaz produite est alors augmentée. Le biogaz est récupéré pour
une valorisation énergétique (électricité ou chaleur). Une installation de 100
000 tonnes/an peut produire jusqu’à 10 GWh/an d’électricité.
Après quelques années
de dégradation accélérée, les déchets ne produisent plus de biogaz ni de
lixiviats. Ils peuvent donc être revalorisés : les déchets sont extraits
de l’alvéole pour subir un déferraillage, un criblage afin de récupérer la
fraction fine valorisable (matrice terreuse), alors que des déchets ultimes
(essentiellement des plastiques) sont éliminés par incinération ou stockage
définitif.
La matrice terreuse
peut être valorisée en remblai pour travaux publics, en matériau de couverture
de CET, en réaménagement de sites industriels. Si cette fraction fine n’est pas
valorisée, elle pourra être stockée en CET de classe III.
La méthanisation
maîtrisée est un procédé récent qui permet de gagner du temps (procédé
accéléré), de l’espace (réutilisation d’alvéoles en cycles) et de l’argent.
La recirculation des lixiviats
La recirculation est
la base de la transformation d’une alvéole en bio-réacteur. Elle vise à assurer
une meilleure répartition des principaux facteurs qui conditionnent le
déroulement normal des réactions biologiques :
-
les populations microbiologiques,
enzymes et nutriments (azote, phosphore, oligo-éléments...) ;
-
les agents inhibiteurs
(dilution) ;
-
l’eau en tant qu’agent biologique
(réactant de l’hydrolyse), agent chimique (dissout les métabolites, augmente la
surface d’attaque bactérienne, améliore le pouvoir tampon) et fluide de
transport des organismes microbiologiques et des nutriments.
La recirculation
augmente donc les débits de gaz et par conséquent réduisent la période de temps
durant laquelle le déchet est potentiellement polluant.
Elle diminue la DCO
des lixiviats et pourrait constituer un mode de pré-traitement. L’azote est
principalement présente dans les lixiviats sous forme réduite (ammonium) et
certaines données suggèrent que la teneur en ammonium de lixiviats recirculés
serait plus faible que celle des lixiviats bruts. La recirculation s’inscrirait
donc comme un maillon dans la chaîne de nitrification-dénitrification. De plus,
la recirculation favorise la mise en place de conditions réductices (donc la
formation de sulfures insolubles) et peut ainsi contribuer à diminuer la teneur
en métaux lourds des lixiviats.
Mais la recirculation
des fluides, et la méthanisation maîtrisée en général, est encore au stade
d’expérimentation. Les problèmes à résoudre sont encore nombreux :
migration des fluides dans les déchets, démarrage de la recirculation...
Voir
aussi : www.ikos.fr
VII.
La taxe générale sur les
activités polluantes (TGAP)
La circulaire Bachelot de juillet 2002
favorise les centres de stockage qui, non seulement respectent la
réglementation, mais qui ont surtout engagé un démarche volontaire de
certification de leur système de management environnemental (ISO 14001).
Ainsi, les CET certifiés ISO 14001 ont
un tarif préférentiel pour la TGAP : 7,50 €/tonne de déchets stockés. Ceci
est à comparer avec le tarif « normal » de 9,50 €/tonne qui reste en
application pour les CET non certifiés, mais respectant la réglementation. Les
sites non conformes à la réglementation doivent payer une TGAP de 18,30
€/tonne.