Peut-on vraiment surmonter toutes les difficultés qui amènent à un changement climatique ?

Conférence de Dominique Bourg – 6 novembre 2002

 

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Le défi climatique se résume en une chose : ce que l’on sait aujourd’hui suffit pour dire qu’il y aura un changement climatique. Il n’y a pas d’incertitude, il est imminent.

Le principal problème est que l’Homme n’arrive pas à croire ce qu’il voit, et reste dans son raisonnement linéaire. Mais le changement climatique a une inertie, il s’accélère...

Que peut-on faire pour réduire le risque, puisque nous ne pouvons pas le supprimer ?

 Pour parer au changement climatique, il faut inverser la tendance en limitant la consommation d’énergie et la production de gaz à effet de serre, pour ne pas dépasser la capacité du puits de carbone le plus important : l’océan (3 milliards de tonnes).

Il n’existe pas de technique miracle, et il serait de toute façon trop tard pour la mettre en oeuvre. Donner un quota individuel annuel de consommation d’énergie ou de ressources fossiles peut faire évoluer la situation dans le bon sens.

Certains optimistes comptent sur une période glaciaire qui pourrait arriver et réduire l’impact du changement climatique anthropique. Mais il s’avère que nous sommes dans une longue période interglaciaire qui, au lieu de réduire l’inertie du changement climatique, risque de l’amplifier.

Une civilisation pauvre en carbone, une politique de changement.

Une mobilité physique restreinte, une consommation et une production limitée peuvent aider à résoudre le problème. Mais ce nouveau mode de vie est-il un objectif politique ? Qui est prêt à faire des concessions ?

Les mandats politiques trop courts sont contrastés avec le temps long pour obtenir des résultats : les évolutions ne sont visibles que sur des périodes supérieures à la dizaine d’années.

Une piste certaine est la participation citoyenne : informer les citoyens qui participent aux décisions prises. Il est vrai que des politiques publiques de choc, comme il sera nécessaire, bloquent les situations (grèves, blocages...). Cette participation peut aider à faire évoluer les choses plus rapidement.

La charte de l’environnement.

Un autre problème à résoudre est le conflit entre l’économie de marché et le droit à un environnement sain. La base de notre économie actuelle est que tout ce que nous détruisons dans notre environnement est techniquement restitué. Mais l’Etat peut-il garantir la protection de l’environnement et maximiser l’utilité de chacun (dans ce contexte, maximiser l’utilité est synonyme d’améliorer la qualité de vie) ? La charte de l’environnement va tenter d’appuyer le droit à l’Homme de vivre dans un environnement sain.