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Généralités sur l'incinération des
ordures ménagères
[ Extraits du mémoire : "Les déchets solides de l'incinération des ordures
ménagères" Julien Bertholon ]
La loi du 13 juillet
1992, relative à l'élimination des déchets et la récupération des matériaux,
institue une gestion départementale des déchets ménagers et prévoit la
suppression des centres d'enfouissement destinés à les accueillir. Cette loi
prescrit, qu'au 1er juillet 2002, seul les déchets "ultimes"
pourront être stockés, les autres devant être valorisés. Un "déchet
ultime" est un "déchet qui ne peut pas être traité dans les
conditions techniques et économiques du moment, notamment par extraction de la
part valorisable ou par réduction de leur caractère polluant et dangereux".
Mais d'autres priorités, telles la réduction à la source des déchets, la
valorisation matière et la valorisation énergétique sont aussi de rigueur.
En France, les
ordures ménagères (OM) peuvent actuellement être valorisés selon trois voies :
le recyclage des matériaux (valorisation matière), la fermentation et le
compostage (valorisation organique) et la production d'énergie (valorisation
énergétique). La production d'énergie est caractérisée par la filière
incinération et la filière méthanisation (extraction du biogaz). Ce dossier ne
s'intéresse qu'à la filière incinération des ordures ménagères et assimilées
(déchets banals des entreprises et administrations collectés en mélange avec
les ordures ménagères).
Sur les 30
millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés produits chaque année en
France, 11 millions de tonnes sont incinérées. L'incinération permet :
·
la réduction du volume
(90%) et du poids (70%) des déchets entrant et conduit à une minéralisation de
ces déchets : les MIOM (mâchefers d'incinération des ordures ménagères),
·
la concentration des
principaux polluants, présents dans les déchets entrant ou issus de la
combustion, dans les REFIOM (ou résidus d'épuration des fumées d'incinération
des ordures ménagères).
L'incinération
consiste à brûler les déchets dans des fours spécialement aménagés. En dehors
des phases de démarrage et d'arrêt, une alimentation en déchets suffit à
entretenir la combustion. L'incinération est aujourd'hui en France et en Europe
le second mode de traitement des ordures ménagères après le stockage.
Les installations
permettant l'incinération des déchets sont appelées Usine d'Incinération des
Ordures Ménagères (UIOM) ou Unité de Valorisation Energétique (UVE) pour celles
qui valorisent la chaleur en énergie (chaleur ou électricité). Nous nous
intéressons à l'ensemble du parc d'incinérateurs et garderons donc
l'appellation UIOM.
Une UIOM est
composée d'une fosse de réception des déchets maintenue en dépression pour
limiter les odeurs, d'un grappin qui mélange les déchets et alimente les
trémies situées au dessus du four, d'un four, d'un système d'extraction des
MIOM, d'une chaudière lorsqu'il y a récupération d'énergie, d'équipements de
production de vapeur ou d'électricité, d'un système d'épuration des gaz de
combustion (dépoussiérage et neutralisation des gaz acides), d'une épuration
des liquides dans certains cas et bien entendu d'une cheminée dont la
différence de température entre les gaz sortant et l'air extérieur détermine la
formation d'un panache.
La France possède
le plus grand parc d'incinérateurs de l'Union Européenne avec un grand nombre
de petits incinérateurs devenus souvent obsolètes. On assiste actuellement à
une diminution du nombre d'UIOM (150 incinérateurs fermés depuis deux ans) et
une augmentation de leur capacité moyenne. Au 30 janvier 2002, le parc d'UIOM
en fonctionnement comporte 161 installations, dont 77 usines d'une capacité
supérieure à six tonnes par heure (6 t/h) et 84 installations d'une capacité
inférieure à 6 tonnes par heure (6 t/h). On compte sur l'ensemble du parc plus
de 110 installations en conformité, représentant une capacité totale de l'ordre
de 1680 t/h, 5 installations en cours de mise en conformité et une quarantaine
d'installations non conformes, représentant une capacité totale de l'ordre de
110 t/h.
En France,
l'incinération coûte actuellement entre 30 et 40 centimes par jour et par
habitant. Ce coût va certainement augmenter dans les années à venir puisque le
stockage en Centre d'Enfouissement Technique (CET) des ordures ménagères brutes
sera interdit le 1er juillet 2002 (loi du 13 juillet 1992) et les
normes environnementales sur les émissions atmosphériques sont de plus en plus
strictes (directive européenne du 28 décembre 2000). Ce coût de traitement,
lorsqu'il y a valorisation énergétique, est sensiblement équivalent à celui du
stockage en CET de classe 2. Une tonne d'ordures ménagères à incinérer coûte
environ 70 €/t de déchets lorsqu'il y a valorisation énergétique (100 €/t dans
le cas contraire).
Cependant, si les
quantités de déchets stockés en CET de classe 2 sont fortement réduites à
l'aube de l'échéance de juillet 2002, les quantités de déchets stockés en CSDU
de classe 1 augmentent (centre de stockage de déchets ultimes pour déchets
dangereux comme les REFIOM),.
Julien
Bertholon - Avril 2002
Nota
: On appelle en général "déchets ménagers" les déchets produits par
les ménages, et "ordures ménagères" les déchets collectés dans le
cadre des ramassages organisés par les municipalités. Les deux termes ne se
recouvrent pas (en milieu rural, certains déchets sont directement éliminés
dans la cheminée ou sur le tas de fumier). Ce rapport ne traite que des ordures
ménagères puisque tous les déchets incinérés sont auparavant collectés.
Nota
: La législation oblige à maintenir les gaz de combustion à une température de
850°C en sortie de foyer durant au moins deux secondes afin de détruire le plus
possible de composés organiques (dont les dioxines et furanes contenu dans les
déchets). La température idéale de combustion est située autour de 900°C. Si
cette température n'est pas atteinte, la combustion ne sera pas totale et si
elle est dépassée, les cendres entrent en fusion et collent aux grilles
qu'elles détériorent.