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Stage de Terrain
Le Chaînon de Lagrasse.
Julien BERTHOLON - Sébastien POTOT - Laure VERDIER.
Licence Sciences de la Terre - Université de Cergy-Pontoise
- Octobre 2000.
Introduction.
Le
Chaînon de Lagrasse est un massif des Corbières orientales, région située dans
l'avant pays des Pyrénées. Cette zone est caractérisée par des déformations
modérées (plis, failles et ondulations) issues de la formation des Pyrénées à
la fin de l'Eocène essentiellement caractérisé par un chevauchement
kilométrique : le chevauchement frontal nord Pyrénéen. Cette région est
constituée de terrains mésozoïques et paléogènes, masqués par des formations
post-tectoniques du Miocène et du Quaternaire. Le tout repose sur un substratum
Paléozoïque déformé lors de l'orogenèse Hercynienne.
Nous
allons étudier une parcelle du chaînon de Lagrasse, située entre Ribaute et
Tournissan puis réaliser une carte géologique de celle-ci. Nous allons tout
d'abord présenter les faciès et les éléments de la tectonique rencontrés dans
cette parcelle. Après analyse de la carte géologique ainsi établie, nous
pourrons déduire un historique de cette région et comprendre les différents
phénomènes qui s'y sont déroulés.
I.Les données : les faciès et la tectonique.
A.Les faciès rencontrés.
Pour calculer les
épaisseurs de couche, nous nous sommes basés sur la carte et avons pris les
épaisseurs apparentes là où le pendage est le plus certain et où les bancs sont
les plus verticaux. Il faut appliquer la formule : e = d sin (a )
e
: l'épaisseur réelle.
d
: l'épaisseur apparente, la distance sur la carte entre le toit de la couche
inférieur et la base de la couche supérieure (les couches doivent être en
contact normal concordant).
a : le pendage de la couche à l'endroit où l'on
calcule d.
Pour faciliter le
calcul, nous utiliserons les pendages et les épaisseurs apparentes de la cluse
de Ribaute : les contacts entre les couches sont beaucoup plus précis. Un
problème se pose pour déterminer l'épaisseur du Vitrollien : soit il est en
contact anormal, soit il est érodé (la précision est minime). Nous ne pouvons
pas calculer les épaisseurs ni de l'Ilerdien supérieur, ni du Miocène. Le log
(colonne stratigraphique) de cette région est en annexe p.I.
1.Le Rognacien
Le Rognacien est
un calcaire blanc à la cassure beige clair de l'étage du Maestrichtien (Crétacé
supérieur). C'est un calcaire lacustre (formé dans des lacs d'eau douce) dans
lequel nous ne distinguons pas les grains extrêmement fins (micrite). Son
épaisseur est d'environ 40m.
2.Le
Vitrollien
Le Vitrollien est
un faciès lacustre rouge et argileux marqué par l'alternance de bancs mous et
durs. Il est caractéristique du Danien et du Montien. Il fait entre 150 et 200m
d'épaisseur selon nos calculs.
Dans les bancs
durs , bancs gréseux, du Vitrollien, nous observons des microcodium (tâches
blanches) résultant de l'altération de bactéries qui décalcifient la roche
(milieu continental subaérien aérobie). Cette roche est issue de limons
consolidés riches en particules argileuses. Certains bancs discontinus du
Vitrollien sont des brèches calcaires (altération des calcaires proches) issues
de fleuves des plaines alluviales. Les bancs mous sont limoneux et présentent
une schistosité accentuée. C'est dans ce type de faciès que nous avons trouvé
le plus d'éléments de tectonique.
3.Le Thanétien
Le Thanétien est
un étage caractérisé par des calcaires blancs/gris durs. Il est très diaclasé perpendiculairement
aux surfaces de stratification. Dans certains bancs très localisés, nous
pouvons observer des Milioles, Foraminifères marins à symétrie axiale, issues
de la sédimentation de lacs salés. Son épaisseur est d'environ 50m.
4.Le
Sparnacien
Le Sparnacien est
composé de parties moles (limons) et de parties dures (calcaires, grès) de
couleur jaunâtre près du toit et orangé à la base. Cet étage est caractérisé
par la présence de deux barres dures calcaires proches de la base et d'un
épisode marin argileux entre celles-ci (fossiles de moules). L'épaisseur du
Sparnacien est de 340m selon notre carte.
5.L'Ilerdien
inférieur
C'est un calcaire
microbréchique (petits grains juxtaposés) contenant des microfossiles visibles en
section : des Alvéolines et des Milioles. Il fait près de 20m d'épaisseur.
6.L'Ilerdien
supérieur
Cet étage est
caractérisé par les marnes à huîtres typiques d'un faciès marin. Ces marnes
sont un mélange de calcaire et d'argile. La présence de fossiles nous renseigne
sur la zone de dépôt : calme et en eaux peu profondes.
7.Le Miocène
Dans les bassins
d'effondrement créés par une extension de la zone des Corbières à l'Oligocène,
se sont déposés des sédiments du Miocène. Cette roche meuble de couleur jaunâtre
est marneuse.
8.Le
Quaternaire.
Le Quaternaire
est représenté par une terrasse de remplissage issue d'anciens fleuves. Cette
terrasse représente le niveau des limons de ce fleuve : c'est un conglomérat (limon=conglomérat ???) mal classé subhorizontal
situé au dessus des marnes à huîtres de l'Ilerdien supérieur. Son milieu de
dépôt est continental contrairement aux marnes à huîtres sur lesquelles il est
déposé. (Non : discordance, pas toujours sur les
marnes à huître)
B.Les éléments observés de la tectonique.
1.Les failles,
les stries et les joints stylolithiques.
Il existe trois
types de failles : normales, inverses et décrochantes (cf. Annexes p.II). Nous n'avons observé que des failles inverses et
normales. Les failles normales sont associées à un allongement horizontal et un
raccourcissement vertical (extension de la région) alors que les failles
inverses sont caractéristiques d'un raccourcissement horizontal et d'un
allongement vertical (compression de la région). La principale faille inverse
de notre parcelle est une faille auxiliaire à la rampe du pli de cintrage sur
rampe (la faille vient se raccorder à la rampe) (cf. Annexes p.VII). Une faille normale de notre terrain est courbe
(faille listrique) et change le pendage du bloc supérieur lors de l'extension
(cf. Annexes
p.VII). Mais une multitude de
microfailles nous renseignent sur les directions de déformation de la région.
On a pu dater relativement les failles (les failles normales recoupent les
failles inverses) et conclure que la période d'extension est postérieure à la
période de compression.
Associées à ces
failles, nous avons observé des stries. Ces stries sont les témoins du
déplacement et sont surtout observables sur les plans de microfailles.
Les stries de
recristallisation (escaliers de recristallisation) sont issues de glissement
(friction) de deux blocs qui libèrent un espace vide sur le plan de faille : il
recristallise alors de la calcite (fibreuse) en forme d'escalier (cf. Annexes p.III et photo p.X).
Le sens des escaliers nous donne le sens de déplacement relatif des blocs (en
descendant les marches). Nous avons retrouvé ces stries sur toute notre
parcelle et avons remarqué qu'il existe deux générations distinctes de stries
(cf. Annexes p.VI). La première génération a une direction moyenne de
N150 et la seconde a une direction de N120. La seconde génération de stries
utilise le système de faille existant (recoupe les stries de génération 1) et
en crée de nouvelles. Nous avons aussi pu observer des stries de
recristallisation correspondant à un déplacement relatif de bancs lors de la
formation de l'anticlinal du pli de rampe (glissement strate sur strate (cf. Annexes p.III)).
Les joints
stylolithiques sont aussi associés à des plans de faille mais au lieu de créer
de l'espace vide, les blocs se confrontent (compression de la roche) (cf. Annexes p.III et photo p.X).
La roche se dissout et les fluides migrent vers les fentes de tension associées
(drainage des fluides), les joints stylolithiques correspondent à une
dissolution sous pression. Nous n'en avons vu que dans le lit de la rivière de
Ribaute.
2.Les plis.
Sur notre
parcelle, nous avons observé un pli en genou (entre le plateau du Mont Mija et
les barres du Thanétien en haut de la cluse de Ribaute) (cf. Annexes p.IV). La caractéristique principale de ce pli est qu'un
des flans est subvertical (au nord-ouest) et l'autre est subhorizontal (au
sud-est). Le plan axial possède un pendage d'environ 45° selon la théorie.
De plus, ce pli est
refermé côté nord-est et ouvert côté sud-ouest : c'est l'érosion qui est
responsable de cette ouverture du pli en étant plus intense dans la vallée qui
relie le Col Rouch et le Pas de l'Abeille. Nous verrons plus tard que ce pli
est un anticlinal de rampe.
Par l'observation
de stries de recristallisation sur les flancs du pli (entre les bancs durs du
Vitrollien), nous avons pu déterminer que l'anticlinal de rampe est le résultat
d'un glissement strates sur strates (cf. Annexes p.III).
3.Le pli de
cintrage sur rampe et le cut-off.
Le pli de
cintrage sur rampe est le résultat d'un raccourcissement horizontal qui combine
pli (anticlinal de rampe), faille inverse (rampe) et niveaux de décollement
(glissement parallèle aux couches) (cf. Annexes p.V
et photos p.XI). Des terrains anciens chevauchent les terrains les
plus récents en contact discordant anormal. En bas de la rampe, on observe un
niveau de décollement inférieur (palier inférieur) généralement situé à la base
d'un niveau compétent (à la base du Rognacien dans cette région). En haut de la
rampe, le niveau de décollement supérieur (palier supérieur) est le niveau sur
lequel arrivent les roches transportées (Ilerdien inférieur). C'est une roche
compétente surplombée d'une roche incompétente (les marnes à huîtres de
l'Ilerdien supérieur) pour faciliter le transport des couches subverticales.
Le cut-off
(recoupement au toit) est l'appellation de la discordance anormale angulaire
issue de la tectonique entre les roches qui ont été transportées (charnière
frontale antiforme) et les roches du niveau de décollement supérieur (cf. Annexes p.V et photo p.XI).
Il est aussi assimilé à la discordance située au niveau de la rampe entre les
roches transportées et les roches quasi statiques de la rampe. Le cut-off est
représentatif d'un chevauchement frontal.
4.Les autres
éléments observés.
Nous avons pu
observer des structures S/C (schistosité/cisaillement) dans les bancs mous du
Vitrollien (cf. Annexes
p.II et photo p.XII). Ces structures correspondent à la schistosité qui
a été cisaillée pour accommoder la déformation de ces bancs incompétents. Il y
a donc deux étapes importantes dans ces structures. La première est la création
de la schistosité (aplatissement des bancs : déformation de fluage) et la
seconde, plus tardive, est le cisaillement de celle-ci (création de structures
en poisson). Ces structures sont les témoins d'un cisaillement simple
(déformation non coaxiale, forte asymétrie)
De plus, dans les
bancs durs du Vitrollien, nous avons pu voir des X conjugués de failles témoins
d'une déformation cassante (cf. Annexes p.II
et photo p.XII). Ces X sont issus de la compression des bancs durs
gréseux. Ces X sont les témoins d'une déformation coaxiale issue d'un
cisaillement simple.
II.Analyse de la carte réalisée : les grandes structures.
(cf. Annexes légende p.XVII et carte)
1.Le cut-off.
En montant dans
la cluse de Ribaute, on observe en premier temps l'Ilerdien inférieur subhorizontal
dans le lit du ruisseau puis l'Ilerdien supérieur (marnes à huîtres sur
lesquelles on retrouve des vignes). On arrive ensuite sur un banc subvertical
d'Ilerdien inférieur près d'une ancienne bergerie (cf. Annexes photo p.XIII). Pour résoudre ce problème de pendage, deux
hypothèses s'offrent à nous :
·
Nous sommes en présence
d'un synclinal et les couches d'Ilerdien sont reliées en dessous des marnes à huîtres.
Ce synclinal en genou redresse les couches pour former une barre verticale. Les
couches situées après l'Ilerdien sont d'âge plus récent. La charnière de ce pli
est située en dessous des marnes à huître.
·
Nous sommes en présence
d'un anticlinal dont la charnière est en amont et les roches qui sont derrière
l'Ilerdien en montant dans la topographie sont plus anciennes. Dans ce cas, le
pli est aussi en genou.
En continuant
notre ascension, nous observons du Sparnacien, plus âgé que l'Ilerdien
inférieur. Nous pouvons donc affirmer qu'il y a un anticlinal en amont de cette
barre d'Ilerdien et qu'elle vient se poser sur la couche d'Ilerdien inférieur
subhorizontale de Ribaute. La barre d'Ilerdien est la dernière du pli bien
qu'on ne puisse pas dire si l'Ilerdien supérieur a été plissé (il a sûrement
contribué au glissement sur le niveau de décollement). Nous pouvons donc
envisager la présence d'un cut-off : une discordance angulaire due à la
tectonique qui ramène des terrains plus anciens sur des terrains plus récents
en glissant sur deux niveaux de décollement (niveau inférieur et supérieur) et
une rampe située entre les deux. Le groupe 3 de ce camp de terrain nous apporte
la preuve du cut-off avec la discordance visible du haut de Lagrasse (cf. Annexes p.V et photo p.XI).
(§ pas clair)
2.L'anticlinal
de rampe.
Dans la vallée de
Cayran située entre le Pas de l'Abeille et le Col Rouch, nous pouvons observer
une alternance de terrains : Thanétien, Vitrollien et Rognacien (cf. Annexes panorama p.XIV et p.XV). Les
terrains les plus anciens (Rognacien) sont situés au centre et les terrains les
plus récents (Thanétien) sont à la périphérie. Le Vitrollien apparaît de part
et d'autre du Rognacien en contact normal avec le Thanétien. Nous sommes donc
ici en présence d'un anticlinal qui plisse les terrains situés au dessus du
Rognacien. Comme la zone est fortement érodée (120 m entre le Mont Mija et le bas
de la vallée), nous ne pouvons pas déterminer à cet endroit précis si les
terrains situés au dessus du Thanétien ont été plissés puis érodés ou s'ils ne
se sont jamais déposés à cet endroit. C'est en redescendant la cluse de Ribaute
que nous observons que les couches de Thanétien, Sparnacien et Ilerdien
inférieur sont en concordance et ont toutes un pendage subvertical (direction
sud-est). De cette observation, nous pouvons confirmer que ces couches ont
toutes été plissées en même temps (du Rognacien à l'Ilerdien inférieur). Nous
ne pouvons rien déduire pour l'Ilerdien supérieur.
En observant de
manière plus approfondie cette vallée, nous pouvons remarquer une différence de
pendage très importante entre la partie sud-est du Thanétien et la partie
nord-ouest. En effet, au sud-est, les bancs de Thanétien sont subhorizontaux
(pendage 10°SE maximum) alors qu'au nord-ouest, les bancs de Thanétien sont
subverticaux (jusqu'à 85° SE) (cf. Annexes p.VI
et panorama
p.XVI). Cette différence de pendage
se note en carte par l'épaisseur apparente des couches de Thanétien. Cette
observation nous renvoie donc à la présence d'un pli en genou (cf. Annexes p.IV). En effet, ce pli, de par le pendage de chacun des
flancs, est en forme de genou. Nous avions émis l'hypothèse d'avoir un cône en
plus de ce genou mais les données de la région et les pendages des surfaces de
stratification ne nous permettent pas de conclure. (Axe
de pli de rampe ?)
Associé au
cut-off mis en évidence dans la partie précédente, nous pouvons dire que ce pli
est un anticlinal de rampe(cf. Annexes p.V).
En effet, en glissant sur la rampe du chevauchement, les couches ont formé un
anticlinal et en retombant sur le niveau de décollement supérieur, elles ont
créé un cut-off. Les failles associées à la formation de ce chevauchement sont
de génération 1 car c'est la première étape mise en évidence dans cette région.
Les stries répertoriées en relation avec ce pli sont en général d'orientation
N150.
Nous sommes donc
dans cette vallée en présence d'un anticlinal de rampe coudé qui retombe dans
la vallée de Ribaute en cut-off. Cet anticlinal est érodé et les terrains
restants, Rognacien, Vitrollien et Thanétien, sont mis à l'affleurement par le
ruisseau de Cayran.
3.La faille
inverse de la vallée de Cayran.
Dans la vallée de
Cayran, nous pouvons noter que le Rognacien est en discordance angulaire
(problème de pendage des deux terrains) avec le Vitrollien côté nord-ouest (cf.
Annexes p.VII et panoramas p.XIV, p.XV et p.XVI). A proximité
de ce contact, nous pouvons ajouter la présence de structures S/C (en poissons)
(cf. Annexes p.II) dans les bancs mous du Vitrollien et
caractéristiques d'un déplacement postérieur à la schistosité. Nous sommes en
présence d'une faille. Le sens des structures S/C nous donne le sens des
déplacements : la faille est inverse. Cette faille fait donc remonter le
Rognacien, plus vieux, sur le Vitrollien plus récent. Cette faille pourrait
correspondre à la rampe du chevauchement mais en coupe, nous nous apercevons
que c'est impossible à cause des altitudes : l'altitude de l'Ilerdien
subhorizontal de Ribaute est largement en dessous de cette faille. La rampe ne
pouvant pas dépasser le niveau de décollement supérieur, nous pouvons dire que
cette faille est une faille auxiliaire à la rampe et qu'elle vient se raccorder
à la rampe. D'après le groupe 3 , on retrouve cette faille au Roc de la
Cagalière sectionnant tous les terrains. Cette faille est donc de génération 2.
Nous n'avons pas pu prendre de direction de strie sur ce plan de faille.
En remontant sur
le Col Rouch, nous pouvons noter que le Rognacien a tendance à s'élargir entre
les deux bancs de Vitrollien (cf. Annexes panorama p.XV). Après le col Rouch, sur la parcelle du groupe 3, nous pouvons
confirmer cet élargissement. Cependant, le Rognacien n'est pas en contact avec
le Thanétien. Cet élargissement peut être du à l'érosion plus intense de
l'autre côté du Col Rouch : plus de Rognacien à l'affleurement.
En plus de ces
observations, nous pouvons noter que le ruisseau (le Cayran) est en train
d'éroder le Vitrollien en suivant une dalle structurale du Rognacien. Ceci est
logique : le Rognacien est un calcaire dur alors que le Vitrollien est une roche
limoneuse molle. Le ruisseau ne peut donc pas éroder facilement le Rognacien
mais érode le Vitrollien moins résistant.
4.Les failles
normales.
Entre le Mont
Mija et Les Caunes Basses, nous pouvons observer une alternance de Thanétien et
de Vitrollien (cf. Annexes p.XIII).
Les deux bancs de
Thanétien des Crémades et du Grand Crès n'ont pas les mêmes directions de
pendage : l'un penche vers le sud-est (5°) et l'autre vers le nord-ouest (15°)
(cf. Annexes
p.VII). Ce changement de direction
dans les pendages serait le résultat d'un effondrement causé par une faille
normale listrique (courbe) : le bloc supérieur est resté en place et le bloc
inférieur à basculé dans un mouvement de rotation (les pendages ont changé de
direction).
Nous constatons
que le contact Thanétien - Vitrollien des Caunes Basses est à une altitude
inférieure à celui des Caunes Hautes. Ces couches ayant le même pendage, nous
pouvons dire que le bloc d'altitude inférieure s'est effondré. Entre Les Caunes
Hautes et Les Caunes Basses, nous avons donc une faille normale. Cette faille
est située en surface entre le Thanétien du bloc inférieur et le Vitrollien du
bloc supérieur.
Une dernière
faille normale est mise en évidence dans cette région par la discordance
Vitrollien - Miocène. Ces deux dépôts d'âges très différents (environ 30
millions d'années) sont ici en contact anormal. Cette faille a joué pendant une
période d'extension de la zone et le bassin d'effondrement s'est créé. Après
cette période de tectonique active, la mer a transgressé et le Miocène s'est
déposé en comblant le bassin.
Les trois failles
normales de notre parcelle ont certainement joué à une même époque créant un
unique bassin d'effondrement dont la profondeur ne peut être déterminée en
raison du dépôt du Miocène. Ces failles sont de génération 3 car elles
recoupent certaines failles inverses de génération 2 (compression de la zone
après la formation du pli de rampe).
En exploitant
notre carte et les observations du terrain, nous avons pu mettre en évidence
les grandes structures de cette région. Il nous reste maintenant à en retracer
l'historique.
III.Historique de la région.
Sur notre
parcelle, nous avons effectué deux coupes qui représentent deux types de déformations
différentes : une déformation compressive dans un premier temps à la fin de
l'Eocène et une déformation extensive dans un second temps à l'Oligocène.
1.La
compression des Corbières : coupe de la cluse de Ribaute.
La coupe réalisée
(cf. Annexes
coupe p.XVIII) nous permet de
déduire l'historique suivant (cf. Annexes p.VIII) :
·
Dans un premier temps,
les sédiments se déposent : Rognacien, Vitrollien, Thanétien, Sparnacien,
Ilerdien inférieur et supérieur.
·
Au début de la période
de compression, une grande faille inverse (génération 1) se forme au cœur de
ces terrains et va former la rampe. Tous les terrains sont affectés. (Quelle direction de mouvement ?)
·
La compression continue
et les niveaux de décollement se créent : à la base du Rognacien pour le palier
inférieur et entre les Ilerdien inférieur et supérieur pour le palier
supérieur. Les roches meubles vont faciliter le transport des bancs.
·
Les couches commencent
à monter sur la rampe et vont former un anticlinal de rampe. On a à l'avant de
cette structure un cut-off (associé à une faille plate de génération 1).
·
Une autre faille
inverse se crée : c'est une faille auxiliaire qui se raccorde à la rampe. Elle
va décaler tous les terrains. On retrouve cette faille entre le Vitrollien et
le Rognacien dans la vallée de Cayran. Cette faille est de génération 2. (Quelle direction de mouvement ?)
·
La compression se
termine et commence alors l'érosion de la région. Les terrains situés au dessus
de l'anticlinal de rampe partent en premier (Sparnacien et Ilerdien). Il reste
actuellement le Thanétien, le Vitrollien et le Rognacien au niveau de la
charnière du pli, et toutes les couches à l'avant du chevauchement.
·
Au Quaternaire, il se
forme des terrasses fluviatiles issues de l'érosion des terrains calcaires
situés au dessus et en amont de fleuve de l'époque. Ces terrasses sont situées
au dessus des marnes à huîtres de l'Ilerdien supérieur. (Le quaternaire a lieu après l’extension : mal présenté)
Par cette coupe,
nous avons donc mis en évidence toutes les structures rencontrées issues de la
compression des Corbières.
2.L'extension
des Corbières : coupe du Mont Mija aux Caunes Basses.
(Quelle
direction d’extension ?)
La région des
Corbières à été soumise, après la période de compression que nous venons de
voir, à une période d'extension. Les déplacements ont été modifiés et d'autres
failles ont joué. Voici l'historique de la zone sud-est de notre carte qui met
en évidence cette seconde phase (cf. Annexes coupe p.XIX) (cf. Annexes
p.IX).
·
Dans un premier temps,
les sédiments se sont déposés : Rognacien, Vitrollien, Thanétien, Sparnacien,
Ilerdien inférieur et enfin Ilerdien supérieur.
·
Ces terrains étant à
proximité de l'anticlinal de rampe de la vallée de Cayran, les couches ont été
légèrement inclinées : pendage vers le sud-est.
·
Les failles ont ensuite
fracturé tous les terrains en failles normales et listriques. C'est la création
du bassin d'effondrement au sud-est de notre parcelle. Par leur action, les
failles ont décalé les terrains en les basculant : les pendages sont donc
différents de part et d'autre des failles.
·
A cette époque, nous
avons une incertitude quant à l'érosion des terrains du Sparnacien, et des
Ilerdien inférieur et supérieur : nous ne pouvons pas déterminer si cette
érosion est antérieure, contemporaine ou postérieure au dépôt du Miocène dans
le bassin d'effondrement.
·
Le Miocène est donc
déposé dans le bassin d'effondrement et est quasiment horizontal. Nous
assistons alors ici à une discordance angulaire des terrains du Miocène et du
Vitrollien (avec le Rognacien un peu plus à l'est).
·
Depuis le dépôt du
Miocène, il y a minimum 5 millions d'années, les terrains ont encore été
érodés.
Cette coupe
représente bien la période extensive de cette parcelle avec une série de
failles normales et la formation d'un bassin d'effondrement.
Ces deux coupes
mettent donc en évidence les phases compressives et extensives successives de
notre parcelle. (Précisez la chronologie)
Conclusion
Cette
étude de terrain nous a permis d'appliquer les méthodes de la cartographie et
d'effectuer une analyse tectonique concrète de structures géologiques. En effet,
notre parcelle regroupe presque toutes les structures que l'on peut rencontrer
dans le Chaînon de Lagrasse, aussi bien des anticlinaux, des failles inverses,
normales, et même un cut-off.
Par
ces observations, nous avons pu comprendre les phénomènes de compression de
cette région pendant l'orogenèse Pyrénéenne et d'extension lors de la formation
de nombreux graben en Europe de l'ouest.
Faites un effort de présentation,
en particulier intégrez vos schémas dans le texte et non en annexe.