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Note : 16/20
PALEONTOLOGIE EVOLUTIVE
COMPTE RENDU DE TRAVAUX PRATIQUES
AMIENS - DECEMBRE 2000
Sébastien POTOT - Julien BERTHOLON
Peu
variés en ce qui concerne leur composition chimique fondamentale, les êtres vivants
présentent une diversité morphologique considérable. Cette diversité n'affecte
pas seulement les détails (il existe plusieurs millions d'espèces animales et
végétales), elle est plus encore marquée par une différenciation profonde de
nombreux types structuraux (les diverses classes et embranchements). Une telle
multiplicité des types d'êtres vivants est le résultat de l'évolution
biologique qui se déroule sur notre planète. De cette évolution, la
paléontologie permet, grâce aux fossiles, de reconstituer les modalités.
Ainsi,
chez les vertébrés, nous allons, à travers l'étude de cinq crânes d'hominidés,
observer les différentes caractéristiques de l'hominisation, notamment la
disparition des caractères simiens. Nous verrons aussi comment certains reptiles
terrestres se sont adaptés à la vie aquatique. Enfin, nous étudierons les
différents caractères évolutifs de certains invertébrés et nous verrons
l'importance de l'étude des microfaciès et des microfossiles dans la
détermination des paléoenvironnements.
I.L’HOMINISATION
Parmi les
processus évolutifs engendrant la lignée des Hominidés à partir de celle des
primates, l’acquisition de la bipédie et la disparition des caractères simiens
sont les étapes les plus importantes de l'hominisation. A travers l’étude de 5
crânes (Proconsul, Australopithèque africanus, l’Homo Erectus, l’Homo
Néandertalensis et l’Homo Sapiens Sapiens) nous allons illustrer les
différentes phases de l’évolution des hominidés.
1.Le Proconsul
Le crâne du
proconsul est le plus petit des crânes que nous allons étudier. Il possède des
caractères simiens très marqués : son front et son menton sont fuyants, sa
face est prognathe et sa mandibule est en V. Il possède 26 dents avec des
canines très développées caractéristiques d’un régime alimentaire en partie
carnivore. Sur l’arrière du crâne se trouve le trou occipital sur lequel était
fixé la colonne vertébrale. Comme il n’y a pas d’angle sur l’arrière du crâne
il ne possédait pas de muscle nucaux. Le proconsul n'était pas bipède et son mode
de vie était arboricole. Par ces caractères simiens prononcé, le Proconsul est
plus proche du singe que de l’Homme.
2.L’Australopithèque africanus
Comme chez tous
les australopithèques, la morphologie du crâne des A.africanus montre qu’il
s’agit là d’hominidés capables de mâcher des nourritures coriaces, comme on en
trouve dans la savane. Les dents broyeuses sont grandes et robustes. Elles
composent une batterie dentaire qui incorpore les molaires comme les
prémolaires. Les canines des mâles ne dépassent pas, ou à peine, la hauteur des
autres dents. Il n’existe plus de diastème, c’est à dire d’espace entre les
dents pour loger les saillies des canines quand les mâchoires sont serrées
comme c’est le cas pour le Proconsul. En effet la dentition antérieure,
incisives et canines est réduite. La face est plus aplatie et en retrait. La
voûte crânienne est arrondie et renferme un cerveau plus développé de l’ordre
de 480 cm3. Ces caractères confèrent un air plus humain aux A.africanus
comparés aux A.afarensis. Le trou occipital est plus avancé au
niveau du crâne que celui du Proconsul, illustrant une avancé de la colonne
vertébrale vers le milieu du crâne permettant un début de bipédie.
3.L’Homo Erectus
Le crâne d’Homo Erectus
présente tous les caractères qui annonce l’Homme moderne, ce qui le distingue
nettement des autres Hominidés antérieurs ou contemporains. Sa boîte crânienne
domine l’ensembles du crâne. Le volume endocrânien atteint 800 cm3
soit plus que chez aucun autres hominidé, à l’exception des hommes les plus
récent. Vue de dos la boîte crânienne présente une forme dite en
" tente " car plus large à sa base qu’entre les bosse
situées à la hauteur des os pariétaux. L’apparition des " bosses
pariétales " révèlent un développement en hauteur du cerveau et
l’expansion des aires corticales. L’appareil masticateur se réduit
considérablement. La face n’occupe plus que 30% du volume du crâne comparé aux
45% chez les australopithèque. De profil, ce sont maintenant le nez et les
dents de devant (région prémaxillaire) qui deviennent saillants. Si les
pommettes (masséters) et les arcades sourcilières restent assez développées,
les muscles temporaux se révèlent plus graciles. Leurs lignes d’insertion sur
la boîte crânienne, ou " lignes temporales ", sont écartées
de part et d’autre du sommet du crâne. Dans son allure générale, le crâne d’H.Erectus
préfigure le " lissage " des reliefs osseux, si
caractéristique de notre crâne. Cela se retrouve au niveau de la nuque. Le
double processus de développement cérébral et de diminution de la face
entraînent un meilleur équilibre de la tête au sommet de la colonne vertébrale
et une régression des muscles de la nuque. Par ces caractéristiques, l’H.Erectus
est le premier hominidé à se tenir parfaitement debout.
4.L’Homo Néandertalensis
Sur le crâne de l’H.Néandertalensis les pommettes ont
complètement disparu, lissant la partie moyenne de la face. L’avancée des
arcades dentaires est telle que, vu de profil, un espace sépare la dernière
molaire (dent de sagesse) de la branche montante de la mandibule (espace
rétromolaire). La longue et volumineuse boîte crânienne renferme un cerveau
d’une capacité moyenne de plus de 1600 cm3, soit 15 à 20% de plus
que chez l’homme actuel. L’étirement du crâne se retrouve au niveau du
renflement de l’occipital qui forme un " chignon " osseux.
Vu de dos, la boîte crânienne a une forme en " bombe " (sa
plus grande largeur se situe à mi-hauteur). L’H.Néandertalis possède donc
encore quelques caractères simiens. Cependant l’étude du crâne d’un H.Néandertalis
âgé de 5 ans comparé à celui du même Hominidé adulte met en évidence
l’évolution de ces caractères avec l’âge. En effet, le crâne de l’H.Néandertalensis
enfant est caractérisé par l’absence de torus sus-orbitaire, une mâchoire
inférieur et supérieur en U, et un front droit. L’adulte lui, présente un torus
sus-orbitaire, une mâchoire supérieur en V, un front fuyant et un chignon
occipital (son crâne est allongé vers l’arrière). Mais l’H.Néandertalensis
conserve une bipédie parfaite à tout âge caractérisé par un trou occipital bien
arrondi placé au milieu du crâne permettant ainsi à ce dernier de reposer sur
la colonne vertébrale. Cet équilibre rend ainsi inutile les muscles nucaux qui
ont disparu : l’angle à l’arrière de la boîte crânienne est très faible
par rapport à celui de l’Homo.Erectus. La boîte crânienne demeure ainsi
plus haute.
5.L’Homo Sapiens Sapiens
L’H.Sapiens
Sapiens possède de nombreuses similitudes avec l’H.Néandertalensis
enfant : il n’a pas de torus sus-orbitaire, sa mâchoire est en U et sa
face est plate. Sa mâchoire est plus fine, son front est relevé et son volume
crânien est légèrement plus important. De plus, il ne possède pas de chignon
occipital. Sa tête ne s’étire donc pas vers l’arrière, l’H.Sapiens Sapiens
est donc un brachycéphale. Les caractères simiens n’apparaissent pas avec
l’âge. Sa bipédie est parfaite et son trou occipital est agencé de la même
manière que celui de l’H.Néandertalensis. Il n’a donc pas de muscle
nucal.
Par l’étude de
crânes de 5 types hominidés on peut dire que l’hominisation est caractérisée
par la disparition des caractères simiens. On observe une évolution au niveau
de la dentition (réduction des canines et apparition de nouvelles dents comme
les molaires et prémolaires) caractéristique d’un changement de régime
alimentaire. Le torus sus-orbitaire et le prognathisme disparaissent. Le volume
du crâne augmente et le trou occipital s’avance permettant d’obtenir la
bipédie.
II.LES REPTILES ET LEUR EVOLUTION
Bien que les
reptiles montrent des adaptations à la vie dans tous les milieux (marin,
lacustre, terrestre, aérien), nous allons étudier l'évolution des caractères
adaptatifs des reptiles d'une vie terrestre vers une vie aquatique à partir de
la comparaison de 3 fossiles reptiliens : le Saphéosorus, le Pleurosaurus et
l'Ichtyosaurus. Les données sont répertoriées dans le tableau ci dessous :
|
|
Sapheosorus |
Pleurosaurus |
Ichtyosaurus |
|
CVPS (cm) |
14,5 |
29 |
22 |
|
MA (cm) |
7,5 |
7 |
9,5 |
|
MP (cm) |
11,5 |
9 |
4 |
|
CVPS/MA |
1,9 |
4,1 |
2,3 |
|
CVPS/MP |
1,3 |
3,2 |
5,5 |
|
Longueur crâne (cm) |
4,5 |
7,5 |
26 |
|
Position des orbites |
Médiane |
Médiane |
Arrière |
|
Nombre de vertèbres présacrées |
25 |
48 |
49 |
|
Nombre de phalanges à chaque doigt |
4 avec griffes |
4 avec griffes |
18 à 20 |
|
Lieu de vie |
Terrestre |
Terrestre et Aquatique |
Aquatique |
|
Lieu de ponte |
Terrestre |
Terrestre |
Aquatique |
|
Mode de locomotion |
Marche |
Reptation et nage |
Nage |
CVPS : Distance base du crâne au bassin. - MA :
Membre Antérieur. - MP : Membre Postérieur.
Le tableau
ci-dessus nous montre que, pour passer d’une forme terrestre à une forme
aquatique, les caractères adaptatifs sont :
III.MACROPALEONTOLOGIE
EVOLUTIVE
Nous allons
maintenant étudier certains macrofossiles d'invertébrés et caractériser leur évolution.
En effet, selon les espèces, la morphologie évolutive change et des critères
apparaissent ou disparaissent.
1.Les Lamellibranches
(ou bivalves)
Les Lamellibranches sont composés d'une coquille à
deux valves avec charnière dorsale. Leur tête n'est pas différenciée, on les
dit acéphale alors que leur pied est généralement bien développé. Le manteau
est composé de deux lobes qui entourent les organes de l'animal. La charnière
présente souvent une dissymétrie avec un certain nombre de dents, et un ligament
qui oblige les valves à revenir en position fermée quand l'animal est en vie.
Ces deux caractères sont à la base de la classification des Lamellibranches. Le
crochet peut-être dirigé vers l'avant (forme prosogyre) ou vers l'arrière
(forme opystopyre). Le corps mou des Lamellibranches a une symétrie bilatérale
: plan de symétrie parallèle aux deux valves. Ils se nourrissent par filtration
à l'aide d'un tamis : les branchies. La chambre palléale est traversée par un
courant d'eau entretenu par le mouvement de ces branchies qui contrôlent le
flux entrant et le flux sortant par deux siphons. C'est à l'aide d'un ou
plusieurs muscles qu'ils referment les deux valves de leur coquille.
Les
Lamellibranches représentent une dégénérescence du plan mollusque : il s'agit
d'une simplification évolutive (réversion). En effet, ils se sont adaptés à un
mode de vie sédentaire. Ils peuvent évoluer en conservant une forme larvaire à
l'âge adulte (néotenie). Dans ce cas, le pied change de fonction et les
branchies peuvent être remplacés par des poumons : c'est une adaptation à la
vie terrestre (ex : Salamandres). Au niveau des muscles, les Lamellibranches
ont évolués d'une forme isomyaire (deux muscles de taille identique) vers une
forme anisomyaire (deux muscles de tailles différentes) puis monomyaire (un
seul muscle) : c'est dans ce cas une évolution par simplification. Les dents
disparaissent chez les formes à habitat très protecteur (Lamellibranches
perforants ou fouisseurs) comme les huîtres. La symétrie est aussi affectée par
l'évolution. En effet, d'une double symétrie (parallèle et perpendiculaire aux
valves), on arrive à une symétrie unique parallèle aux valves issue d'une
réduction d'un des bords puis vers une dissymétrie totale avec perte d'un
muscle. Cette évolution de symétries est couplée avec la perte des dents. La
radiation adaptative des Lamellibranches est donc la suivante. A partir d'une
forme taxodonte (dents nombreuses indifférenciées), on passe à une forme
hétérodonte (dents inégales peu nombreuses différentiées) par une évolution
simplifiante liée au nombre de dents et complexifiante au niveau de la forme
des dents. Puis, de cette forme hétérodonte, on arrive à une forme schizodonte
(dents fendues en deux) et pachyodonte (dents énormes et épaisses). Parallèlement
à cette lignée, on observe à partir des taxodontes une évolution vers de
pseudotaxodontes (beaucoup de dents asymétriques) et vers les isodontes (dents
de même taille de part et d'autre du ligament) ou les huîtres (plus de dent).
Mais ce qu'il faut retenir de l'évolution des Lamellibranches est cette
simplification évolutive par perte de caractères : la réversion.
2.Les Gastéropodes
Une coquille de Gastéropode est dissymétrique par une
torsion de 180°. Le pied est très développé et sert à la fixation ou à la
reptation de l'animal. La tête est bien différenciée et possède des yeux, des
tentacules et une radula. La coquille univalve peut-être trochospiralée
(enroulement sur le côté) ou planispiralée (enroulement central symétrique).
Les Gastéropodes sont regroupés en deux formes : la forme holostome (le siphon
n'a pas fait d'empreinte sur la coquille : ouverture ronde) et la forme
siphonostome (le siphon est marqué sur la coquille : ouverture avec
échancrure(s)). Les formes opisthobranches ont les branchies dirigées vers
l'arrière alors que les formes prosobranches ont les branchies vers l'avant. Le
sac viscéral éloigné du pied et de la tête permet à l'animal de se rétracter.
La coquille est un moyen de protection des prédateurs. Elle est enroulée autour
d'un axe (enroulement dextre ou senestre).
Du point de vue
évolutif, les Gastéropodes ont été soumis à une évolution qui a eu lieu au
stade larvaire. A ce stade, la cavité maléale est amenée en position frontale
par une flexure de 180°. Le mollusque est donc devenu asymétrique. Les formes
les plus anciennes, les archéoGastéropodes sont proches des Monoplacophores
(ancêtre commun à tous les mollusques). Ils évoluent vers les prosobranches
(branchies vers l'avant) puis vers les monobranches (une seule branchie). Ils
conquissent les continents par vagues successives (clades) en transformant leur
branchie restante en poumon. Ces vagues ont lieu au Carbonifère, Jurassique,
Crétacé et à l'Eocène. Ils s'adaptent d'abord aux eaux douces puis à la vie
terrestre. Au Crétacé, la vague est constituée des Helicidae (escargots). Les
opistobranches évoluent vers une forme terrestre au Tertiaire. Parallèlement à
cette évolution par conquête des continents en perdant une branchie puis en
transformant la branchie restante en poumon, des Gastéropodes initialement
herbivores deviennent carnivores, c'est le cas des Coengast.
3.Les Céphalopodes
Les Céphalopodes présentent une dissymétrie
bilatérale avec une tête différenciée et la présence de tentacules. La coquille
peut être externe (ex : Nautile), interne (ex : Sèche) ou absente (ex :
Pieuvre). Lorsque la coquille est externe, elle est divisée en loges et
l'animal vie dans la dernière. Dans ces loges, un gaz permet à l'animal de se
stabiliser dans l'eau. Un siphon sert à expulser de l'eau brutalement et permet
à l'animal de se déplacer. Ce siphon s'étend du protocombe à la chambre
d'habitation. Les cloisons peuvent être concaves vers l'avant (forme procoelle)
ou convexes vers l'arrière (opistocoele). La position du siphon peut varier
(centrale, ventrale ou dorsale) ainsi que son orientation, siphon retrosiphoné
(tourné vers l'arrière) ou prosiphoné (tourné vers l'avant). Le système de
cloisons couplé au siphon est appelé appareil hydrostatique. L'entonnoir,
replis de la cavité palléale, leur sert à expulser de l'eau et de se déplacer
rapidement vers l'arrière. Sur la coquille extérieure, on observe des sutures.
Les Céphalopodes sont divisés en deux groupes : les dibranchiaux (2 branchies,
formes à coquille interne) ou tétrabranchiaux (4 branchies, formes à coquille
externe) : ces caractères sont à la base de la classification des Céphalopodes.
En paléontologie, on les divise en 4 groupes : les Nautiloïdes, les
Bactritoïdes, les Ammonoïdes et les Colleoïdes. Le groupe des Colleoïdes
diffère quelque peu par la morphologie puisque son squelette est en trois
parties : le rostre (puit conique vers l'extérieur), le phragmocône (ensemble
de loges traversées par un siphon) et le proostacum (lame mince en position
dorsale).
L'ancêtre des
Céphalopodes est le Monoplacophore. L'évolution s'est faite dans le sens où la
coquille s'est refermée et les cloisons sont apparues. A l'origine, il existe
trois types de coquille : droites (orthocône), arquées (cystocône) ou enroulées
(nautilocône, origine des Nautiloïdes). Ces formes ont évolué au cours du temps
puisque la meilleure façon de nager est d'être enroulé. En effet, le centre de
gravité de l'animal est au centre de la coquille. Parallèlement à la lignée des
Nautiloïdes, les Bactritoïdes sont à l'origine des Colleoïdes et des
Ammonoïdes, on dit que c'est un groupe charnière. L'innovation principale des
Bactritoïdes est la création de formes enroulées (évolutes et involutes). Il
existe toutes les formes intermédiaires au Dévonien. A partir des Bactritoïdes,
les Ammonoïdes représentent le plus grand groupe en variété et le succès du
type enroulé. L'évolution des Nautiloïdes se fait par complexification du
système de cloisons et adaptation aux milieux plus profonds (la coquille est
plus solide en s'allongeant). En effet, du stade Goniatite (cloison en zigzag),
on passe au stade Cératite (selles et lobes qui s'allongent et se replient)
puis au stade Ammonite (sutures persillée plus complexe). Ce passage se fait
par un système de ramification : un seul genre passe une crise et on observe
alors une alternance de disparition apparition. C'est la radiation adaptative
qui correspond à la diversification à partir d'un groupe (exploitation des
niches écologiques libérées lors d'une crise). Cependant, certaines formes
déroulées apparaissent : c'est dans ce cas une réversion (groupe des
Lytoceratides). Les Colliloïdes, issus des Bactritoïdes ont passé la crise
crétacé tertiaire. Leur évolution est basée sur la réduction du rostre,
l'internalisation de la coquille, la réduction du phragmocône puis la
disparition de la coquille. L'innovation majeure des Céphalopodes est donc la
création de l'appareil hydrostatique et son perfectionnement couplée avec les
formes enroulées plus propices à la nage et aux grandes profondeurs avec le
développement de cloisons persillées. De plus, ils ont concentré leur système
nerveux à l'avant de l'animal.
4.Les Brachiopodes
Les Brachiopodes sont exclusivement marins. Leur
corps est protégé par une coquille constituée de deux valves (ventrale et
dorsale) de taille différentes. Ces valves sont symétriques dans un plan
perpendiculaire à l'ouverture de ces valves. La valve ventrale peut présenter
une ouverture : le foramen destiné à la sortie d'un pédoncule pour la fixation.
Les Brachiopodes possèdent un organe appelé lophophore constitué de deux bras
couverts de tentacules et de cils vibratiles qui sert à la nutrition et à la
respiration. Cet organe forme le brachiosquelette, il peut être en bandelette
ou spiralé. C'est la valve dorsale qui porte cet organe ainsi que les fossettes
alors que la valve ventrale porte les dents de l'animal. L'animal peut être
libre ou fixé.
Les principaux
changements relevés chez les Brachiopodes nous montrent que la morphologie de
la coquille évolue et que l'appareil brachial tend à se complexifier chez la
plupart des Brachiopodes. Les Brachiopodes ont évolués de manière quantique.
L'effectif de l'espèce était initialement grand. Une crise a fortement réduit
cet effectif et la libération de niches écologiques a engendré l'essor d'une
nouvelle espèce. En effet, par consanguinité, l'espèce a pu évoluer très
rapidement et l'espèce finale est différente de l'espèce initiale. Il existe
désormais entre ces espèces une barrière d'interfécondité. Dans certaines familles
de Brachiopodes, on note des clades. Nous avons donc au sein de ces
Brachiopodes deux sortes d'évolution : l'évolution anagénétique quantique et
l'évolution cladogénétique quantique.
5.Les Arthropodes
(Trilobites)
Les premiers Trilobites apparaissent au Cambrien : leur corps mou est
recouvert d'une carapace articulée segmentée en anneaux. Les muscles sont au
contact du squelette et plus du substrat. Les yeux possèdent des cellules
jointives ou non et leurs permettent d'avoir une image en mosaïque pour
certains, d'autres sont aveugles. Sur un même anneau, ils possèdent deux paires
de pattes. Les pattes supérieurs (exopode, le système respiratoire est au bout
des pattes) possèdent les branchies alors que les pattes inférieures (endopode)
servent à se déplacer et à ramener les nutriments vers les branchies. Le corps
des Trilobites est formé de trois parties : le cephalon, le thorax et le
pigidium. Le cephalon possède un renflement médian, la glabelle, ainsi que deux
joues libres et fixées délimitée par une ligne de suture de part et d'autre de
cette glabelle. Le thorax est lui aussi segmenté en plèvres et rachis. C'est
sous ce thorax que sont positionnés les pattes. Le pigidium est le résultat de
la fusion des derniers anneaux du thorax. Les Trilobites peuvent avoir des
épines fixées sur les plèvres.
On note une
première radiation adaptative des Trilobites au Cambrien inférieur et une
seconde au Cambrien moyen qui correspond à l'adaptation à la vie sur la
plate-forme (transgression marine). Puis, à l'Ordovicien, le déclin des
Trilobites commence, malgré l'émergence de formes enroulées capables de se
protéger, avant une extinction définitive au Permien. L'évolution des
Arthropodes s'est faite par perte de cellules visuelles et vers des formes
aveugles vivant dans les grands fonds des océans (moins de prédateur que sur la
plate-forme). Des formes avec des épines en plus des pattes sont par ailleurs
mieux adaptées à la vie sur les récifs. En plus de ce caractère, les Trilobites
vont acquérir une suture propariale et la glabelle va se dilater. La
disparition de ces récifs lors de la crise Permier/Trias éliminera
définitivement les Trilobites. Mais il existe d'autres Arthropodes comme des
insectes ou crustacés qui sont encore des formes actuelles.
6.Les Echinodermes
Les Echinodermes vivent uniquement dans les océans.
Ils possèdent une symétrie d'ordre 5 (pentaradiaire). Le mésoderme (épiderme)
secrète les pièces du squelette et les spicules. Ils peuvent être libre
(elenthérozoaires) ou fixés (pelmatozoaires). La tige des formes fixées est
aussi à symétrie d'ordre 5 et est constituée d'anneaux (entroques) qui se
superposent. Cette tige est longue et couplée avec de très longs bras en milieu
abyssale alors qu'en milieu récifal, la tige est courte et les bras rétrécis.
Les formes libres peuvent être régulières ou irrégulières.
Les formes
d'Echinodermes ont évolué en fonction du lieu de vie : les pics que certains
possèdent seront larges sur des récifs alors qu'ils seront fins sur milieu
vaseux. Le nombre de pores diminue en fonction du nombre de plaque. Les formes
libres évoluent vers des formes en cloches puis plates dans des milieux peu
profonds. La bouche a migrée vers l'avant et disparaît ensuite.
Mais le moteur de
l'évolution est l'alternance de crises et périodes de prospérité. En effet, une
crise provoque la disparition de nombreuses espèces et libère des niches
écologiques qui serviront à l'essor des espèces qui ont réussies à passer cette
crise. De plus, les nombreuses crises ont été propices aux carnivores puisqu'ils
ne sont pas dépendant du phytoplancton largement touché par ces crises
répétées. Ceci explique le paradoxe de la prolifération des formes
horizontales.
IV.MICROFACIES CARBONATES ET MICROPALEONTOLOGIE.
Les faciès carbonatés
sont composés d'au moins 50% de CaCO3 qui peut être sous plusieurs
formes : la calcite et la dolomite. La calcite peut en plus être sparitique ou
micritique. La micrite ne polarise pas puisque les grains ont une taille
inférieure à 4 µm (tâches grises et noires). La sparite peut être sous forme
rhomboédrique (avec des clivages à 120° en section basale), en mosaïque
(agrégats de cristaux transparents les uns dans les autres) ou fibreuse. Elle
est en lumière polarisée analysée de couleur blanche d'ordre supérieur. La
sparite fibreuse est caractérisée par la pseudo croix noire de la calcite. La
sparite en mosaïque est le plus souvent issu d'une recristallisation
diagénétique.
Nous allons
étudier dans un premier temps les textures et structures des microfaciès
carbonaté et dans un deuxième temps les microfossiles que l'on peut y
rencontrer.
1.Analyse texturale des faciès carbonatés
Nous pouvons
noter les grandes structures du calcaire selon sa composition texturale de la
roche carbonatée. Les différentes textures sont les suivantes selon la
classification de FolK :
·
Intraclaste : fragments
de sédiments carbonatés pénécontemporain du sédiment qui le contient et remanié
sur place ou à faible distance (vase remaniée par des courants). Les
intraclastes sont des galets de micrite dans le faciès. Il n'y a pas de
structure interne et les formes sont quelconques.
·
Pellet (ou pelote en
français) : boulette de diamètre inférieure à 0,2 mm (le plus souvent entre
0,04 et 0,1 mm), de calcaire cryptocristallin souvent riche en matière
organique, car en grande partie d'origine fécale, sans aucune structure interne
visible, et pouvant constituer l'essentiel de certains calcaires. Si le
diamètre dépasse 2 mm, on passe dans le domaine des intraclastes.
·
Oolithes : petites sphères
de diamètre de 0,5 à 2 mm en moyenne, dont le centre est un débris et dont
l'enveloppe est formée de minces couches donnant une structure concentrique à
laquelle peut se superposer une structure radiaire affectant toutes les
enveloppes, ou quelques-unes seulement. Les oolithes sont le plus souvent
calcaires. Si le diamètre est supérieure à 2 mm , on l'appellera pisolite (ou
pisolithe).
·
Bioclastes : tout
élément fossile entier ou le plus souvent en fragment, d'origine animale ou
végétale, ayant été transporté ou non. Le terme s'applique essentiellement aux
débris fossiles à test carbonaté, et implique en général que les fossiles sont
pénécontemporains du sédiment dans lequel il se trouvent. N'en font pas partie
les organismes dont les tests groupés en position de vie donnent des calcaires
construits. Nous avons des exemples d'Echinodermes fixés en milieu calme ou
autre fossiles de Trilobites, Céphalopodes…
Toutes ces
textures sont fonction du milieu de dépôt, de la faune et de la flore présentes
au moment du dépôt et de l'agitation du milieu.
2.Analyse structurale des faciès carbonatés
Les éléments vu
précédemment sont agencés entre eux et avec la matrice d'une certaines manières
définies par la classification de Dunham :
·
Composants organiques
liés entre eux durant le dépôt : boundstone. (calcaires construits)
·
Composants organiques
non liés entre durant le dépôt :
o
en absence de
particules fines : grainstone.
o
en présence de
particules fines :
o
si les grains sont
jointifs : packstone
o
si les grains sont non
jointifs : wackestone pour moins de 20% de boue et mudstone pour plus de 20% de
boue.
De plus, nous
pouvons relier les structures de cette classification au milieu de dépôt. En
effet, un faciès grainstone correspond à un milieu bien lavé avec une énergie
moyenne à forte (estran, plage). Le ciment dans ce cas est en général de la
sparite. Par ailleurs, un faciès packstone aura un ciment micritique et le
milieu de dépôt sera calme. Un faciès wackstone correspond à un milieu encore
plus calme (structure flottante et ciment micritique). Le faciès mundstone est
issu d'un milieu encore plus calme puisque les boues (particules très fines)
sont en pourcentage supérieur au faciès wackstone, on parlera ici de
décantation d'un bassin.
3.Les microfossiles
rencontrés dans ces faciès
Alvéolines
: Foraminifères miliolidés à structure complexe, dont la taille, en moyenne de
quelques mm, peut parfois atteindre 10 cm. Leur squelette, de nature calcaire, est
constitué par une lame formant une spirale divisée en loges par des cloisons
primaires méridiennes, elles-mêmes subdivisées en logettes par des cloisons
secondaires. A la différence des fusulines, leur test ne comporte qu'une
couche. Ce sont des organismes de mer chaude et peu profondes.
Fusulines
: Foraminifères pluriloculaires, fusiformes ou sphériques, de taille allant de
1 à 70 mm, composés d'une lame calcaire enroulée en spirale, divisée en loges
par des cloisons méridiennes, lesquelles sont parfois elles-mêmes recoupées en
logettes par des cloisons transverses. La muraille comporte deux couches,
parfois revêtues de dépôts secondaires. La couche externe est mince et sombre ;
la couche interne est plus épaisse, parfois claire et perforée, parfois caractérisée
par des poutrelles perpendiculaires à la surface du test. Cette structure en
couche les différencie des Alvéolines tertiaires, qui ont une forme extérieure
assez analogue. Ce sont des organismes marins de zones peu profondes et
chaudes. Leur teinte en lame mince est gris claire et elles sont formées de
sparite. Les cloisons sont en désordre (cloisons inégales) et le test est
microgranulaire.
Milioles :
Foraminifères pluriloculaires dont les loges, au moins les dernières,
s'arrangent typiquement selon une symétrie axiale d'ordre 2, 3 ou 5. Ce sont
des formes marines surtout d'eaux peu profondes et chaudes, mais on les
trouvent dans des eaux relativement froides ou profondes (leur test est presque
uniquement siliceux). Elle s'accommodent aussi de milieux à faible salinité.
Nummulites
: Foraminifère pluriloculaire à test discoïdal enroulé en spirale et divisé par
des cloisons. Les nummulites ont une taille moyenne de 5 à 10 mm, mais peuvent
atteindre 10 cm. Leur structure interne est facilement observable en les
chauffant fortement puis en les jetant dans l'eau froide, car elles se fendent
généralement selon leur plan équatorial. Leur coquille est involute divisée par
des cloisons renforcées par des piliers. Elles forment l'essentiel de certaines
roches. Les espaces situés entre les cloisons en lame mince sont en général
remplis de micrite.
Une analyse
texturale et structurale d'un faciès nous renseigne sur le paleoenvironnement
de celui-ci : milieu dans lequel vivaient les êtres vivants fossilisés. Mais il
ne faut pas oublier que toutes les traces de la vie dans un environnement ne
passent pas à l'état de fossile, le passage de la thanatocénose à la
thaphocénose est sélectif.
Nous
avons donc étudié, à travers ces exemples, l'évolution de nombreuses espèces,
tant vertébrées qu'invertébrées, dans des milieux différents et à des échelles
diverses. C'est par l'intermédiaire d'innovations biologique que les êtres
vivants au cours de l'histoire de la Terre ont pu coloniser les différents
milieux (océans, terres, air). Les hommes, par l'acquisition de la bipédie ont
pu coloniser tous les continents alors que les reptiles ont pu s'adapter à tous
ces milieux. L'étude des macrofossiles nous a présenté deux types d'évolution :
complexifiante et simplifiante, elle est en plus graduelle ou quantique. La
dernière partie de ce rapport nous a montré qu'à partir de la
micropaléontologie et de l'étude des microfaciès, nous pouvons reconstituer un
paléoenvironnement dans lequel se sont fait les dépôts.
Nous
avons vu que les espèces actuelles avaient traversé de nombreuses crises et que
celles-ci ont sélectionné les espèces les mieux adaptées aux nouvelles
conditions de vie. Dans cette perspective, nous pouvons nous interroger sur la
suite de l'évolution des espèces. En effet, l'homme modifiant les conditions
climatiques de la Terre, qu'elles sont les espèces qui vont pouvoir s'adapter à
celles-ci ? Et l'homme en fera-t-il parti ?
Sources: